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Tsilla's Univers
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5 mars 2015

Critique de L'arme de mes maux, l'encre de mes yeux d'Amedee Zurri

Source: Externe

 

Amedee Zurri,

L'arme de mes maux, l'encre de mes yeux

  • Broché: 80 pages
  • Editeur : Crayon de mine Editions

Résumé :

Auteur des lignes de sa vie
Meurtrie par des pleurs et des cris
Elle verse l’encre de son cœur
Dans des lignes de bonheur,
Essuyez ce qui vous reste de larmes
Et laissez entrer en vous le charme…
Zeste d’une vie faite de mots
Utopie qu’elle transforme en chaos
Rêve de paradis et d’enfer
Réalité écrite en milliers de vers
Invitation à de nombreux «Je t’aime»

Extrait :

Portrait
Je suis née en Avignon, un 4 février
J’ai passé mes premiers instants
Au milieu des champs d’oliviers,
Bercée par l’air des cigales,
Pas des pleurs, ni des chants,
Simplement des mélodies amicales,
Me laissant m’évader, m’enfuir,
Dans l’ombre de mes songes,
Premier éclat de mes délires.
La sève de mon existence,
A coulé entre mensonges,
Ou d'immuables silences.
Et un jour tous mes maux
Sur papiers, sont devenus mots…
Toujours mes sens à l’affût
J’entends et vois autour de moi
Un monde qui ne sait plus
Ni comment, ni où il va…

Critique :

Ce recueil n'est pas extraordinaire mais il pourra parler à chacun. Le style est simple et accessible. Certaines phrases accrochent beaucoup plus que d'autres, comme certains poèmes. J'ai adoré certaines strophes mais d'autres auraient pu être supprimées. Pour autant le recueil n'est pas inégal et l'auteur nous fait partager ses émotions avec des mots bien trouvés. Les poésies sont rythmées mais pas nécessairement versifiées. Le recueil se lit rapidement et j'ai passé un agréable moment. L'écriture est prometteuse. En effet, ce livre est la première publication de son auteur. Les poèmes ont été rédigés entre ses 13 et ses 23 ans. Le style aur a eu elle temps de mûrir pour le prochain que j'attends avec impatience.

*Retrouvez là sur :

son blog : http://amedeezurri.blogspot.fr/

Parlons Livres : http://parlons-livres.blogspot.fr/

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25 août 2013

Critique "Chutes libres" de Dani Boissé

 

Résumé :

Vous avez lu leurs histoires dans le journal ou bien vous les connaissez peut-être ? Ces gens qui ont perdu leur enfant dans des circonstances mystérieuses et jamais élucidées… ce gentil et doux voisin qui a tué sa femme… ou cette prostituée qui a reçu un don de Dieu. Peut-être avez-vous entendu parler de l’étrange homme masqué à la cape noire qui terrorisait une femme, ou de cette personne qui entendait parler Madame de Montespan ? Des gens simples comme vous et moi… enfin, peut-être n’étaient-ils pas si simples après tout ! Par le biais d’un recueil de vingt-quatre très courtes nouvelles intergénérationnelles qui séduiront les jeunes et les moins jeunes lecteurs, des nouvelles amusantes, touchantes, provocatrices, voire inquiétantes, mais toujours inattendues, Dani Boissé nous permet d’entre-apercevoir la vie intime de personnes pas tout à fait comme les autres !

 

Critique :

Dani Boissé, Médaille d'or pour Chutes Libres

Ce bijou exquis vous a été façonnée par une professionnelle du genre. On reconnaît là la griffe de Dani Boissé, qui a le soucis du détail dans la composition. Le métal dans lequel fut forgé ce singulier bijou est sans aucun doute précieux. Le style est plaisant et accessible à tous. Destiné à un public adolescent, le pari est réussi ! Cependant, les adultes le porteront aussi sur une robe élégante, assorti à leur esprit fin et aiguisé. Certaines facettes de ce bijou vous paraîtront sans doute plus brillantes que d'autres ; car la composition, loin d'être inégale, traite de sujets différents. Parfois inquiétantes, tragiques, ou drôles, vous trouverez nécessairement dans ces balades d'un univers à l'autre, un attrait certain. Finalement, le plus fascinant dans ce livre, n'est pas le dessus de la médaille, mais son envers...

17 octobre 2014

Critique de Tentation de Xavier Seignot

Source: Externe

Résumé :

Comment réagiriez-vous si vous aviez le pouvoir de faire tout ce qu’il vous plait sans jamais en subir les conséquences ? Je vois que la question est trop vague, je vais essayer d’être plus explicite : Que feriez-vous si vous saviez que chaque heure, chaque seconde, chaque moment de votre vie, ou plutôt de votre journée, va se répéter indéfiniment ? Céderiez-vous à la tentation de faire tout ce que bon vous semble ? Voici donc le problème auquel j’ai été exposé, et j’ai réagi. A tort ou à raison, j’ai réagi ! Quoi que vous pensiez, ça ne changera rien à ce que j'ai fait, et à vrai dire, je me fous de votre jugement, vous n'étiez pas à ma place ! Cette histoire est tirée d'un rêve que j'ai fait puis que j'ai romancé. Loin du style de mes autres romans, j'ai voulu quelque chose de plus souple dans l'écriture, plus libre dans la structure, et enfin plus personnel.

Critique :

J'aime les livres qui évoquent la condition humaine et la folie des êtres humains.

J'ai donc adoré Tentation.

À tel point qu'il m'est difficile de trouver les mots pour cette critique.

Ce livre vous embarque tout d'abord dans le quotidien ennuyeux du personnage principal.

Si l'incipit ne m'a pas accrochée plus que ça, en revanche, la suite m'a troublée. Plus j'avançais dans le récit, plus la folie du personnage grandissait. Cette histoire est tout simplement démente, tellement d'ailleurs, que j'en ai ressenti un malaise à la lecture. Comment en aurait-il pu être autrement ?

Ce récit à la première personne esquisse les aventures chaotiques d'un psychopathe (ou s'il n'est pas psychopathe, il est sacrément atteint). Si je pouvais m'identifier à lui dans un premier temps, par la suite, je m'en suis détachée, et pourtant, je continuais à être dedans. La psychologie du personnage est vraiment travaillée, recherchée, et réaliste.

De plus, ce livre ne se contente pas de vous abreuver de sentiments contradictoires, il nourrit aussi votre réflexion. Si vous même vous étiez à la fois maître et prisonnier du temps, que feriez-vous ? Seriez-vous tenter de mourir, de voler, d'aimer, de trahir ou de tuer ? "Je résiste à tout sauf à la tentation" disait Oscar Wilde. Et vous?

Quels seraient vos désirs, vos envies à assouvir ? Deviendriez-vous un Dieu ou un Démon ?

Voilà tous les enjeux de Tentation.

En outre, l'appendice du texte donne quelques explications du projet de l'auteur. En Art, on dit souvent que : « mais un bon projet, se suffit à lui-même, il n'a pas besoin d'explications ! ». Et c'est donc pour cette raison qu'ont été inventées les explications de textes et les cours d'Histoire de l'Art, parce qu'en regardant un tableau abstrait de Kandinsky tout le monde en comprend sa signification. Évidemment. Bref, pour une FOIS -merci Xavier Seignot-, l'auteur vous expose sa pensée, son projet. Il vous en donne les grandes lignes, il vous incite à le penser par vous-même. J'ai beaucoup aimé ce texte qui a confirmé et clarifié mes suppositions interprétatives. Il les a même enrichies et complétées. Superbe idée !

Par contre, je n'apprécie que très peu la couverture, même si je trouve l'idée bien trouvée. Elle représente des neurones. Étant donné que le but de ce récit est de vous faire pénétrer dans la conscience déglinguée d'un homme ravagé par ses désirs, je pense que l'image n'aurait pas pu être plus appropriée. Du reste, l'édition est très bien travaillée.

En conclusion, ce fut une excellente expérience ! Avide de sensations fortes, je vous la conseille grandement.

10 novembre 2013

Critique du livre "Les sorciers d'Opoul" de Dani Boissé

  • LES SORCIERS D'OPOUL

     

    Résumé :

    Quelques bougies noires, dans de grands candélabres en fer forgé, éclairaient le pourtour du guéridon. Leurs flammes orangées tremblotaient imperceptiblement. Anastasia mélangea lentement ses cartes en les tournant sur la table, de droite à gauche, en cercles concentriques. Ensuite, elle prépara ses lames de tarot pour un tirage complet en tirant douze cartes, une à une, qu’elle posa en cercle. « C’est la deuxième fois que je tombe sur La Maison Dieu ou les catastrophes. Avec le XXII, cela veut dire complications et désillusions. Voilà le Roy de Baton, c’est toi, mais il y a aussi une Reyne d’Epée, une femme brune, indépendante et inconnue qui pourrait nous faire du tort. Mes arcanes me disent qu’il y a un danger, proche de nous ! » Anastasia se pencha en avant, leva les mains et se couvrit le visage. Elle massa ses tempes et ses paupières et respira profondément. « Samaël, méfie-toi ! Je crois qu’il va falloir préparer des potions spéciales et appeler à l’aide certains de nos… protecteurs ! »

    Dani Boissé, Franco-américaine et depuis longtemps catalane d’adoption, est la « mère » de Dominique d’Astié de la P.J. de Perpignan. Grâce à ses recherches sur le pays qu’elle aime tant et avec son humour habituel, elle nous livre dans ce roman policier à la catalane, la cinquième enquête de son héroïne préférée

    Critique :

    Magique ; les Sorciers d'Opoul sont excellents ! La couverture n'est cependant pas adéquate. Personnellement, je l'aurais plutôt imaginée avec deux femmes presque nues, lovées contre un sorcier terrifiant. Une parfaite caricature (telle que l'a faite l'auteur elle-même, dans le but d'amuser son lecteur) à laquelle j'aurais ajouté, dans le fond, un pentacle, des flammes, et un chat. Bon, je vous le concède, le chat serait sûrement de trop. Évidemment, si la couverture était ainsi, le maire d'Opul en serait peut-être offusqué (ou peut-être pas, puisque la ville attirerait de nouveaux visiteurs, assurément plus curieux de découvrir les charmes des sorcières que ceux du paysage...mais il y aurait tout de suite une montée en flèche du tourisme, et pourquoi pas des ventes de produits dérivés, comme des chats démoniaques et des herbes dangereuses... ?). Toujours est-il que je désapprouve le choix de l'éditeur concernant cette image. Pourquoi ? Ce n'est pas seulement parce qu'elle ne représente que très peu l'histoire (et d'ailleurs pourquoi avoir choisi une bouteille ? Les sorciers ne sont pas alcooliques! Et s'ils avaient voulu figurer une fiole de potions, peut-être eût-il mieux vallu utiliser une bouteille moins banale), c'est aussi à cause de cette façade sombre, et presque glaciale qui fait paraître le polar de Dani pour ce qu'il n'est pas. Ce vert déprimant et pâle désert le travail de l'écrivain qui s'évertue à rendre ses personnages vivants et haut en couleur. Cependant, si je n'aime pas le recto de cette couverture, j'apprécie beaucoup le verso. En effet, l'éditeur choisi d'accoler la photo d'une bouteille de verre (recto) à celle d'un dessin stylisé façon papier-peint Louis XIV (verso). Kitch. Génial.

    Vous le retrouverez dans toute la collection. 

    Dès les premières pages, j'ai plongé dans l'histoire, littéralement. Elle est à la fois plaisante, divertissante, et instructive. J'ai même appris quelques mots catalans grâce au glossaire qui se trouve à la fin du livre.

    Alors, quels reproches faire à Dani Boissé ?

    Seulement que le rythme est quelques fois alourdi par des énumérations érudites, et un peu trop longues. Mis à part ce léger détail, je n'ai rien à dire, je tire mon chapeau à l'artiste. Ceux qui oseront, car il y en a toujours, prétendre que « ce n'est pas suffisament ceci ou cela », pourront aller, comme les deux sorcières de ma couverture imaginaire, se rhabiller. Ce livre est très bien écrit, le vocabulaire est riche et l'intrigue est recherchée. Si vous voulez vous amuser, vous pouvez même entreprendre une étude grammaticale du texte, car celui-ci abonde en phénomènes de langue française (enfin, personne ne s'amuse de la même façon, hein?). Les personnages sont intéressants, et leur psychologie est développée suffisamment pour qu'ils aient du relief, mais pas au point de les rendre profondément ennuyeux (comme c'est le cas dans de nombreux romans qui s'attardent sur les états d'âme des personnages plus que sur l'intrigue pour ne pas citer le très mauvais Twilight). En lisant ce livre, oubliez les drames psychologico-criminels version Crimes et châtiments de Dostoïevski, oubliez les interminables descriptions macabres, l'alcoolisme, et les pauvres qui meurent à chaque coin de rue. Oubliez l'ancêtre du polar et laissez-vous entraîner dans cette histoire moderne et touchante, racontée sous la plume précise et ironique de cette écrivain à l'humour incisif.

    A lire d'urgence. 
23 août 2013

Critique "Le parchemin maudit" de Marion Poirson-Dechonne

 

 

Résumé :

Résumé

En 1453, Maguelonne se voit confier un parchemin mystérieux par un ami de son père qui vient de se faire arrêter. Elle reçoit pour mission de le protéger quoi qu'il arrive.

Quatrième de couverture

Le parchemin maudit Novembre 1453. Maguelone, impuissante, assiste à l'arrestation d'un ami de son père, le médecin montpelliérain Ismaël Levi. Il lui confie un mystérieux parchemin, qu'elle doit protéger au péril de sa vie. Parviendra-t-elle à déjouer les pièges tendus par les ennemis d'Ismaël, et à découvrir les secrets du manuscrit qui suscite leur convoitise ? Pourquoi mettent-ils sa vie en danger ? Ce second volet des exploits de Maguelone permet de découvrir un aspect méconnu du Moyen Âge : le monde fascinant de la Kabbale et de ses codes chiffrés, à travers l'exploration d'un des quartiers médiévaux de Montpellier, le ghetto.

Critique :

Contrairement à ce que suggère la couverture, Maguelone n’est pas une sorcière surpuissante qui affronte un terrible mage noir, ou une jeune fille éperdument amoureuse d’un prince, d’un vampire, ou de tout autre être magique fascinant potentiellement interprété par Robert Pattinson dans son adaptation au cinéma.

Maguelone, fille de médecin, future médecin elle-même, est entraînée dans une aventure étonnante et originale. La jeune fille devra protéger un parchemin donné par un ami de son père Isamël Lévi, arrêté sous ses yeux. Un personnage mystérieux n’aura de cesse de la poursuivre et de rythmer cette aventure dans laquelle le monde fascinant de la kabbale se dévoile. En plus de nous immerger au cœur de cette intrigue romanesque palpitante, Marion Poirson-Dechonne nous plonge au cœur du Montpellier du XV°s. Nous nous y promenons, et découvrons sa richesse, et ses saveurs, mais aussi les difficultés quotidiennes que connaissent ces habitants, notamment les juifs, parqués dans leurs ghettos.

Le roman plaira aux ados pour son côté romanesque et intriguant, ils mèneront l’enquête près de Maguelone, figure féminine forte et indépendante, libre. De plus, la course poursuite haletante les mettra en haleine.

Marion Poirson-Dechonne a une très belle écriture, et les ados souvent noyés dans des fictions écrites avec un vocabulaire peu varié, savoureront cette langue recherchée, mais pas verbeuse. Un des rares romans de qualité à la portée de tous.

 

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25 août 2013

Critique "les tribulations de Stephy J."

 

 


Résumé :

Récemment divorcée, Stephy est une bourgeoise préquadra qui vit avec ses jumeaux de 5 ans, et mène de front carrière professionnelle et rencontres du 3ème type. Drôle, rythmé, sans concessions, découvrez le journal de bord d'une femme moderne désormais en livre, et promenez-vous à travers Perpignan et ses endroits branchés. Qui sait ? Peut-être reconnaîtrez-vous quelqu'un au hasard d'un billet...

Critique :

Rica, un persan du XVIII°s, s'est malencontreusement égaré à Perpignan au XXI°s. Par chance, la chroniqueuse de ce blog, a pu recueillir le doublet d'une lettre qu'il avait écrite avant de repartir dans le nord, au XVIII°s.

Lettre de Rica à Ibben

Mon cher Ibben, Je suis arrivé à Perpignan il y a un mois à peine. J'ai découvert chez ces catalans d'étranges coutumes. En effet, ils ont des petites boîtes noires avec lesquelles ils écrivent dans une langue des plus viles des messages qu'ils s'envoient, des sortes de lettres du vingt-et-unième siècle. Ces lettres sont instantanées ! Les hommes et femmes de ce temps se parlent à travers ces boîtes, et leur voix résonnent à travers les villes, et les champs. Ils ne voyagent pas dans des carrosses, mais se confinent dans d'autres boîtes fonctionnant toutes seules, un sorte de convoi collectif de chameaux, mais sans chameau et sans esclave. D'ailleurs, les esclaves ici sont appelés « travailleurs », comme mademoiselle Stephy J.

La coquette se pavane dans les lieux « branchés » de Perpignan et me rendit cette ville charmante. Stephy J. est une des femmes les plus belles que je connaisse. Elle se perche sur des échasses qu'elle nomme « talons aiguilles ». Femme moderne, elle appartient aux milieux les plus aisés, même si elle est obligée de travailler pour subvenir à ses besoins. Ibben, si tu savais comme elle me séduisit ! Elle s'emploie à papillonner d'hommes en hommes, mais ceux-ci se révèlent cruels et la déshonorent plus qu'ils ne l'aiment. Loin d'y être insensible, elle ne s'apitoie pas sur son sort et se relève avec brio de ses échecs. Ne trouves-tu pas cela curieux que ces femmes jouissent des mêmes droits que nous autres, alors que nos persanes préservent ardemment leur vertu dans nos sérails ? Stephy me raconta ses tribulations : des histoires dont on se sort que plus grand. Le ton, que je trouvai complaisant tout d'abord, se fit vite enjoué et comique. Que de péripéties que cette femme sut surmonter avec philosophie ! J'eus néanmoins du mal à décripter son langage, car les mots anglais et français se mêlaient. Il paraîtrait qu'il s'agit là d'un style moderne. Pourtant, ce style gagnerait à être enrichi par les outils de la belle langue française. J'appris de nouvelles expressions en vogue, et découvrit la vie que mènent les femmes françaises. Elles se tueraient à la tâche, essayant vainement de concilier vie de femme et de vie mère. Stephy assume seule l'éducation de ses deux enfants, elle n'a pas d'esclave et de précepteur particulier à qui les confier. L'un de ses jumeaux semble adorable, et l'autre serait « le fils spirituel de Dark Vador » selon ses propres termes (Dark Vador est une sorte de semi-être humain, mi-homme, mi-boîte noire). Dans les portraits qu'elle m'en fit, je reconnus là toute l'innocence propre aux enfants. De plus, elle semble entretenir des relations intenses avec sa meilleure amie, Valoche. Savais-tu que ces femmes comparaient leurs attributs entre elles ? Je fus étonné de le savoir. Pourtant, il semblerait que ce fût courant. Ces dogmes ne sont pourtant pas connus des hommes, qui lui font une cour des plus ardentes. Stephy plaît en particulier à son collègue Jean-truc-muche, enfin, Jean-Mich-Much, comme elle me le fit répéter trois fois, avec qui elle se retrouva dans des situations fort cocasses. Le plus intriguant de toutes ces rencontres est incontestablement celle de ce petit marquis, dont l'égoïsme est tel qu'il pourrait se parler à lui-même sans se lasser. Il s'appelle Néron, et est politicien.

Dans cette foule de personnages, je reconnus l'art et le talent d'une portraitiste aguerrie.

Les paroles de cette personne semblent être mûrement réfléchies, et sous des allures de coquette, elle dissimule sa culture et sa philosophie. J'eus l'impression de toucher du doigt l'univers féminin dont les charmes et les mystères nous demeurent incompréhensibles. De plus, ces propos envers cette société se font hardis et osés, presque cinglants. Enfin, j'aime à penser que cette femme, sous ces dehors superficiels, sait distinguer le plaisir du bonheur réel. Oui Rica, le jeu de Stéphy est trompeur, car derrière son style bref et moqueur, se cache certainement une profonde réflexion sur le bonheur et sur la vie. Le moment que je partageai avec elle fut distrayant et vraiment plaisant.

Le blog se Stéphanie Jaeger : http://stephanie-jaeger.over-blog.com/

Le site de vente en ligne des Tribulations : www.editions-ltsj.com

6 février 2014

Critique de "Une craie dans la neige" de Françoise Delmon

 

Résumé :

Noël, un bout de trottoir sur les Champs Elysées.
Une nuit, une destinée…

Acculé par une série de malchances, Matisse Alessandro, alors âgé de dix-huit ans se retrouve à la rue. Depuis une longue année, il dessine sur les trottoirs de Paris, pour survivre. 
Matisse ne croit plus en la bonne étoile de son enfance. Décidément, la fatalité s’acharne. Et pourtant… tout peut basculer en cette surprenante nuit de Noël mais il ne le sait pas encore.

 

Encore un fabuleux détour romanesque dans lequel nous entraîne Françoise Delmon. Après la Grande Guerre dans « Le silence peuplé » les intrigues étonnantes dans « Le rire des anges », nous voilà à présent sur les Champs Elysées, au cœur d’un roman de Noël particulier. L’auteur, fidèle à ses engagements humanitaires, nous emmène dans le monde de la rue, un monde parallèle, où tout peut arriver : le pire comme le meilleur. Et grâce aux arts graphiques, Matisse Alessandro, le jeune héros filera son chemin. Un chemin chaotique mais heureux. Comme toujours, dans les romans de Françoise Delmon, le réel sera transfiguré, grâce à la poésie, la beauté, l’enchantement du monde.

 

Critique :

"Est-ce qu'on est un Homme à dix-huit ans, quand on a tout perdu, quand l'avenir ne s'écrit plus qu'en lettres de craie sur un trottoir sale et froid?" 

C'est cette phrase qui m'a le plus marquée. Elle est même, selon moi, l'essence de ce roman, étonnant, qui finit par questionner le lecteur, plus encore que de le déranger ou de l'apitoyer. 

J'ai eu l'impression de vivre l'histoire de Matisse, d'aller à la rencontre des autres protagonistes. D'alleurs, les passages alternent dans ce roman entre ceux de Matisse (écrit à la première personne) et ceux des autres personnages (écrit avec un narrateur omniscient : un narrateur qui voit tout et qui sait tout sur tout). Françoise Delmon donne ainsi une dimension réaliste à son histoire, car elle place le lecteur dans la peau de son personnage. L'effet n'est pas immédiat dans les premières pages, malheureusement, mais rapidement, je me suis glissée dans le corps en papier et en encre de ce jeune homme. Pourquoi? Car le style est soutenu, et je ne peux pas reprocher à un auteur de bien écrire -quoi que?, mais juste de ne pas se laisser couler dans un langage plus adapté à son personnage. 

J'ai été surprise, par la suite, par l'intensité de cette écriture que je pensais trop éloignée de Matisse. En fait, elle ne l'est pas. L'écriture se transforme, elle devient plastique : elle semble épouser les histoires, les personnalités et les sentiments des personnages. Elle semble capturer son lecteur. 

J'ai beaucoup aimé la structure, car elle est originale : l'auteur présente tout d'abord les personnages, et au fur à mesure, les liens qu'ils entretiennent ou entretenaient ensemble se dévoilent. Je salue le savoir-faire de Françoise Delmon qui a su organiser les scènes et présenter les des différents personnages, sans pour autant créer la confusion dans la tête du lecteur. Mieux, je la salue pour avoir attisé mes attentes. 

L'histoire est absolument géniale. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant. 

 Ce livre est un hybride entre un Zola (pour son réalisme et sa poétisation d'une ville, Paris) et un conte de Dickens (noir et lumineux). 

Une chose est sûre : je ne regarde plus les SDF comme avant. 

 son site : http://www.francoisedelmon.fr/index.html

2 mars 2018

Interview de Michèle Bayar

Interview de Michèle Bayar tsilla s univers (0)

Biographie : 

De père tunisien et de mère française, Michèle Bayar vit la première partie de sa vie en Algérie. Elle y côtoie les milieux traditionnalistes français et algériens et ceux, plus cosmopolites, liés à la production d'hydrocarbures. Elle aime entendre plusieurs langues bourdonner autour d'elle, se passionne pour les mythologies, étudie l'informatique.
Installée en France, elle écrit ses premiers contes pour ses enfants, et ses métaphores témoignent de la richesse culturelle dans laquelle elle a vécu. Après les contes, viennent les nouvelles, romans, scénarios. Avec Silence complice, elle aborde pour la première fois le thème de l'exil et des traces qu'il laisse dans les âmes. Elle poursuit son exploration du silence au cours des ateliers qu'elle anime, notamment avec Mémoires de silences, dans le cadre du Mémorial du camp de Rivesaltes, et revient à l'exil avec Un figuier venu d'ailleurs, roman sur le thème de la Retirada (exode espagnol de 1939).
Michèle Bayar est sociétaire de la Société des Gens de Lettres, adhérente de La Charte des Auteurs et Illustrateurs pour la Jeunesse, de la Maison des Ecrivains et de la Littérature, et elle soutient l'association Lire et faire lire.

Bibliographie Non Exhaustive :
Le bocal brisé, 17 octobre 1961/ Pour une juste réparation, éd. Gare au théâtre (théâtre).
Tekouk, contes pour après l'enfance, éd. L'Harmattan, 1995 (nouvelles fantastiques).
La Giboulée d'anniversaire, éd. Milan Presse, 1995 (conte).
L'Arbre de Noël, Tipo le Volcan, éd. Milan Presse, 1996 (conte).
La querelle des saisons, l'Étoile de mer, éd. Milan Presse, 1997 (conte).
Le coureur d'étoile, éd. L'Harmattan, 1997 (roman fantastique jeunesse).
L’art du conte, cahier d’atelier, collectif, éd. L'Harmattan, 1998 (document).
Le perroquet et le crocodile, éd. Milan Presse, 1998 (conte).
La peur du loup, éd. Milan Presse, 1999 (conte).
Kama le caméléon, Sancou la petite girafe, éd. Milan Presse, 2000 (conte).

 (source : site http://www.lr2l.fr/acteur/bayar-michele-banyuls-sur-mer.html)

Interview de Michèle Bayar tsilla s univers (02)

Interview :

A quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ?
Dès que j’ai su écrire : avec un stylo en main, je refais le monde !

Quels ont été vos sources d’inspiration ?
Mon quotidien : la guerre (d’Algérie) et la paix (genevoise)

Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?
Aisément. L’une inspire l’autre parfois…

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21° siècle ?
Kaléidoscope : tout dépend de quel point de vue on se place. J’aimerais qu’elle soit en tout point du monde celle d’un individu à part entière.

Interview de Michèle Bayar tsilla s univers (03)

Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?
Cela m’arrive, mais plutôt après avoir écrit.

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ?
Je crois que j’écris avec légèreté sur des sujets graves. J’essaie d’aller vers toujours plus de simplicité. Mon dernier roman ados “Pulsion inhumaine” vient de paraître aux Editions du Chemin, en Belgique. On le trouvera bientôt en France, j’espère ( à suivre sur mon blog http://www.bayar-michele.com )
Pour écrire ce roman, je suis partie d’une fillette fragile qui est le souffre-douleur d’un camarade de classe. C’est un rapport assez courant qui évolue avec le temps. J’ai eu envie de l’exacerber et de l’amener à s’inverser mais je ne voulais pas écrire un roman moral, ni un roman psychologique. J’ai choisi le fantastique.

Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires (roman, essais etc.) ?
Le choix du sujet et c’est pourquoi j’écris des contes, des nouvelles, des romans… Pour “Pulsion inhumaine” justement, je réfléchissais au sujet et, dans le même temps, je me documentais pour écrire un petit conte sur les animaux pour le magazine Wakou. Quand je suis tombée sur la description des grenouilles-taureaux, une espèce cannibale assez effrayante importée de Californie, j’ai tout de suite pensé  qu’elles seraient plus utiles pour mon roman ados que pour un conte. J’ai donc envoyé mes personnages en classe transplantée sur Belle-île-en-Mer et je les ai confrontés à des grenouilles taureaux. Il s’en est suivi ce que tous les personnages témoins dans ce roman appellent “la nuit du drame”.

Interview de Michèle Bayar tsilla s univers (04)

Quelles sont actuellement vos sources d’inspiration ?
Mon quotidien, comme toujours. Ce que je vis, ce que vivent les gens autour de moi, ce que je lis dans les journaux. J’essaie de regarder la vie chaque jour d’un œil neuf. La mienne et celle du monde qui télescope mes peurs, mes espoirs et mes émerveillements. Les rencontres avec mon jeune public m’inspirent aussi. Et toutes les rencontres que je fais me semble-t-il.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos ouvrages ?
Je commence toujours par des récits très compliqués et j’épure à mesure que je réécris.

Quelle lectrice êtes-vous ?
Je lis pour mon plaisir. Il arrive qu’un ouvrage me tombe des mains. Il arrive même qu’un ouvrage me tombe des mains la première fois et soit une révélation plus tard, comme “Le monde de Sophie” que j’ai lu avec un plaisir étonnant trente ans après !

Interview de Michèle Bayar tsilla s univers (05)

Quels sont vos projets littéraires ?

En ce moment, je travaille à un roman pour adultes, une pièce de théâtre pour enfants, un conte. Les deux derniers sont des projets à quatre mains, j’aime beaucoup cette écriture plurielle qui nourrit et affine ma propre plume.

Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages et à qui confiriez-vous la réalisation ?
Pour “Ali Amour”, j’aimerais confier la réalisation à Michel Leclerc, Michel Gondry ou Terry Gilliam. Ils ont un univers visuel onirique qui me transporte. Et puisque je rêve, je confierai le scénario à Charlie Kauffman… le Charlie de “Dans la peau de John Malkovitch”. Côté casting… Julia Roberts que j’avais adoré dans “Tante Julia et le scribouillard” 

Quel est votre livre de chevet ?
Imparfait, libre et heureux de Christophe André (en ce moment)

Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnages que vous ont marqués ?
Shéhérazade, Marie Curie, Modesta (l’héroïne de Goliarda Sapienza dans l’Art de la joie) et quelques autres, bien sûr, comme Antoine Galland, Charlie Kauffman… Lao Tsé et Bouddha !

Quels artistes vous touchent le plus?

Je crois que je suis touchée autant par les rôles que par les artistes eux-mêmes. Yolande Moreau dans le rôle de Séraphine de Senlis était très émouvante.

Quel est votre plat catalan préféré ?

La fidéua… ou la salade catalane avec des boquerones ou… écoutez, je remplis ces lignes à midi et demie et vous avez de la chance que je n’aie aucun livre de cuisine d’Eliane Comelade sous la main sinon je vous aurais fait une liste longue comme un annuaire !

Quel est votre restaurant préféré ?
J’en aime plusieurs. Aujourd’hui, je mangerai bien un couscous au Riad Mazagan à Perpignan ou bien… tiens, le temps fraîchit, vous me donnez l’envie d’un chocolat chaud, épais et parfumé.

son blog : http://www.bayar-michele.com/

Mon interview sur son blog : 

Interviews croisées - Michèle Bayar

Avec Val et Alice du site Val et Alice in Wonderland Val et Alice, vous êtes blogeuses pourquoi? On aime écrire des articles, défendre nos arguments et surtout faire partager! Es tu blageuse, Val ? Ca dépend avec qui, ça dépend quand... Si tu utilises...

http://www.bayar-michele.com

Ma nouvelle "Résurrection" publiée sur son blog : 

 

 

31 août 2016

Interview de Sylvie Rodriguez

« La musique est le refuge de mon existence, elle est la compagne fidèle de mon âme, elle est l’écho de mes pensées, de mon être; sans elle, il ne peut y avoir de véritable respiration, avec elle simplement je suis… »

Sylvie Rodriguez est une auteure, compositeure, interprète et comédienne. Sa carrière atypique commence en 1988, lorsqu'elle participe à la tournée du «Trophée de la Chanson Française», en défendant la chanson "Pour ne pas Pleurer". En 1994, elle se produit régulièrement dans la région catalane, mais fait aussi escale à Biarritz, Barcelone ou encore, dans les Caraïbes. De ses débuts à aujourd'hui, Sylvie Rodriguez n'a cessé de vouloir partager son amour pour la vie et sa passion pour la musique avec son public, notamment à travers son spectacle "BOLEROS y OTROS" (2012). Elle sait transmettre son énergie et son authenticité sur la scène musicale comme sur la scène théâtrale. Touche-à-tout, elle a donné son corps et sa voix pour interpréter le personnage de Madame Chanel, dans la pièce 8 Femmes de Thomas Robert, mise en scène par Karim Arrim. 

Portrait de cette artiste aux multiples talents, mais aussi de la femme, touche-à-tout et sensible.

Sylvie Rodriguez - Dejame

Interview de Sylvie Rodriguez-Tsilla's universA quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ?

Vers l’âge de 18 ans

Quelles ont été vos sources d'inspiration ?

Les sources d’inspiration vont essentiellement puiser leur origine dans les thèmes ou sujets qui ont un contenu relevant de la « vérité » et qui peuvent me toucher directement ou indirectement. Je suis une personne sensible ainsi qu’émotive donc je m’appuis sur ces deux vecteurs qui sont le résultat de mon inspiration. La première fois où j’ai pris ma plume, j’étais une jeune adolescente qui n’a fait que relater ce que j’avais au plus profond de moi. L’envie d’écrire des chansons est venue un peu plus tard.

Interview de Sylvie Rodriguez-Tsilla's univers

Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?

Ma passion est toute ma vie donc elle me permet inéluctablement de m’épanouir dans ma vie de femme comme ma vie est toute ma passion. Sans la musique je n’ai pas d’oxygène avec elle, simplement je suis… D’autre part, les deux sont indissociables car elles se complètent et se rejoignent, elles sont mon équilibre.

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21° siècle ?

La femme du XXIème siècle à l’image d’une femme plurielle. Elle embrase une diversité de places et de statuts au sein de la société. Le statut de la femme a souvent au cours des siècles antérieurs été bafoué, dévalorisé ainsi que soumis à une supériorité. Aujourd’hui, elle est reconnue comme étant égale à l’homme, elle s’est émancipée et on parle aussi bien d’une femme d’affaire, que d’une femme politique ou encore d’une femme chercheuse dans le domaine scientifique.

 

Interview de Sylvie Rodriguez-Tsilla's universPartagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?

Non.

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ?

Il est évident qu’au fil du temps, l’écriture s’affine, les mots nous parlent davantage car à cela s’ajoute l’expérience de la vie. Par conséquent, notre regard change, il évolue et notre style est plus précis et moins hésitant sur la forme qu’on doit lui donner.

Son site : http://www.sylvierodriguez.com/

31 octobre 2016

Interview de Dani Boissé pour brèvesdefemmes.info

Interview de Dani Boissé Tsilla's univers

Dani Boissé est une écrivain franco-américaine, qui habite la Catalogne, sa terre d'adoption. Elle a notamment écrit une série de romans policiers catalans publiés par les éditions Les Presses Littéraires parmi lesquels Les sorciers d'Opoul, ainsi que des romans de terroirs comme L'Auberge du martin-pêcheur. Elle a également rédigé un recueil de nouvelles à chutes intitulé Chutes libres. Rencontre avec cette auteure dont le style prenant a su séduire et fidéliser son public.

A quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ? 
A 15 ans avec des premières nouvelles. Un professeur dans mon lycée aux Etats-Unis m’avait beaucoup encouragé. Je lui en serais toujours très reconnaissante ! J’ai repris certaines de ces mêmes nouvelles et elles figurent, traduites et retravaillées dans mon nouveau recueil « Chutes Libres ».

Quels ont été vos 1ères sources d’inspiration ? 
Les romans policiers d’Agatha Christie, les nouvelles de Mark Twain (le père de Tom Sawyer et d’Huckelberry Finn), les nouvelles à chutes de l’Américain O. Henry. C’était ma lecture à cette époque-là. En cours de français, nous avions étudié les nouvelles de Guy de Maupassant et j’avais été impressionnée par la chute dans celle intitulée « La Parure ». J’aspirais moi aussi, à 16-17 ans à écrire comme cela !

Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme ? 
Comme je peux ! ce n’est pas facile, il manque toujours du temps ! En plus de l’écriture, il faut ajouter la promotion des livres (séances de dédicaces et salons du livre). Je travaille également avec des établissements scolaires, avec lesquels j’organise des ateliers d’écriture. Dans quelques jours je vais commencer un travail dans un lycée de Perpignan. Les élèves et moi allons décortiquer mes nouvelles pour comprendre leur construction et, ensuite, par groupe de trois, les élèves devront, eux aussi, écrire une nouvelle à chute. Je suis également invitée à donner des cours ou des mini-conférences sur mes œuvres en anglais, en français ou en espagnol. Tout ceci concerne mon travail, mais il ne faut pas oublier mon mari, ma famille, mes autres obligations. Pendant ce temps-là, mon prochain roman est en attente !

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21ème siècle ?
En France, elle est libre, engagée mais reste féminine. Elle doit malheureusement continuer à se battre pour accéder à des postes de responsabilité. Pendant 1968 et les années qui ont suivis, j’avais beaucoup milité, à l’université et ailleurs, pour les droits de la femme. Le MLF était assez puissant et nous pensions avancer à grands pas. Je me rends compte en 2012 que nous allons parfois à reculons. Un candidat Mormon qui se présente à la Présidence aux Etats-Unis aimerait interdire à nouveau l’avortement. Autres droits de la femme acquis il y a longtemps seraient également bafoués.

Interview de Dani Boissé Tsilla's univers

Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ? 
Oui, avec mon compagnon et avec certaines très bonnes amies. Mon fil et ma petite fille de 17 ans lisent mes ouvrages seulement une fois terminés. Ai-je peur de leurs critiques ?

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ? 
J’ose espérer que mon style s’est amélioré peu à peu. Ce fut peut-être une erreur d’écrire et de publier en français qui est, après tout, seulement ma deuxième langue. Notre langue maternelle reste toujours très présente. Mes lectrices-correctrices me disent qu’elles trouvent des anglicismes dans mes manuscrits, également des fautes d’orthographes !

Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires ?
Mes études aux Etats-Unis, ma jeunesse comme artiste peintre, mes voyages… A une époque, je lisais tout ce que je pouvais trouver sur le sculpteur Camille Claudel et le peintre Marie Laurencin. A une autre époque, quand je voyageais souvent entre les Etats-Unis, le Canada et l’Europe, je dévorais des récits de voyages, contemporain ou ancien. Alexandra David-Neel au Tibet, Washington Irving en Espagne, Robert Louis Stevenson en France. Quand j’ai connu mon compagnon Andalou, j’ai voulu lire Isabel Allende et Antonio Munoz Molina, entre autres, en Espagnol.

Quels sont actuellement vos sources d’inspiration ? 
Mes nombreuses lectures (je lis un livre par semaine), les gens, les amis et leurs histoires, le ciné… c’est parfois inattendu. L’autre jour, je prenais un café en terrasse et une femme s’est assise non loin de moi. Je pensais justement à mon prochain roman policier, où il sera question de médiums, astrologues  et cartomanciennes. Je regardais cette femme qui lisait et notait des choses dans un petit carnet (peut-être seulement des notes pour une réunion de travail !). Moi, j’ai imaginé « ma » médium qui se documentait pour écrire un faux horoscope pour une cliente crédule. Pour moi, elle avait exactement l’allure de mon personnage ! J’ai à mon tout sortit un petit carnet et je l’ai décrit… ses vêtements, son maquillage et sa coiffure, son grand cabas etc. Pauvre femme ! Si elle avait su qu’elle était mon inspiration pour une fausse médium qui finirait derrière les barreaux !

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos ouvrages ?
Principalement le manque de temps, mais aussi dans la recherche (parfois ça bloque). Il me faut aller rencontrer des gens, des spécialistes qui n’ont pas toujours la possibilité de m’accorder un moment. Un jour je devais décrire une autopsie pour un de mes romans policiers. J’ai dû attendre 15 jours pour que le médecin légiste puisse m’accorder un quart d’heure !

Quelle lectrice êtes-vous ? 
Une « droguée »… c’est un besoin ! Les livres s’entassent chez moi. J’essaye de les regrouper par thème… difficile. Au prix actuel des livres, j’ai souvent recours aux vides greniers ou aux magasins d’occasions, pour acheter des livres moins chers. Je suis une lectrice exigeante et pressée. Si le livre n’a pas réussi à m’accrocher au bout de 50 pages, je le « sacrifie » !

Interview de Dani Boissé Tsilla's universQuels sont vos projets littéraires ? 
Écrire encore un polar, mais aussi un autre « terroir », peut-être un scénario ! Je ne souhaite pas être connue seulement comme auteur de « polars catalans » !

Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages ?
Catherine Frot, Nathalie Baye, Audrey Tautou… Cela serait plus difficile de choisir des hommes. Je n’aime pas l’acteur qui a été choisi pour jouer le Commissaire Adamsberg, héros de Fred Vargas. Je n’aime pas le nouveau James Bond. J’aime assez le « Robert Langdon » choisi pour le roman de Dan Brown, le Da Vinci Code. J’imagine ces personnages. Je les « Vois ». Je pense qu’Audrey Tautou pourrait être ma Lieutenant Dominique d’Astié.


Quel est votre livre de chevet ?

Le nouveau de Donna Leon, d’Elizabeth George ou de John Grisham. Quand un auteur et sa série vous accroche, on a envie de les suivre jusqu’au bout ! Pour l’instant, il y a également C.L.Grace qui attend son tour, avec « Meurtres dans le Sanctuaire ».

Dans l’histoire de l’humanité quels sont les personnages qui vous ont marqués ?  
Les femmes qui se battaient pour exister dans un monde dominé par les hommes… dans la médecine, l’enseignement, la peinture, dans tellement de domaines ! Indira Gandhi, Aung San Suu Kyi, Simone de Beauvoir, Dolorès Ibarruri (La Pasionaria)… il y en a tellement !

Quels artistes vous touchent le plus ?
Les peintres, surtout celles qui n’arrivent pas à vivre de leur art. Beaucoup de femmes sont mères de famille au foyer. Elles sont heureuses et comblées et je les respecte, mais beaucoup d’autres ont choisi la vie de bohême pour s’épanouir et elles galèrent ! J’en ai fait parti à une époque. Vivre de son art (ou de sa plume !) est quasi impossible, à moins d’avoir un très grand talent et beaucoup de chance.

Quel est votre plat catalan préféré ? 
La bullinada de peix. Il y a six ans, j’ai écrit un livre de cuisine catalane avec Eliane Comelade. Aujourd’hui, il est épuise. Il s’intitulait : « L’Artichaut, Or Vert du Roussillon ». J’avais écrit le texte et l’avais illustré à l’aquarelle. Quelques recettes étaient les miennes, mais c’est surtout Eliane et les Toques Blanches du Roussillon qui avaient créé plus de 50 recettes pour l’artichaut !

Quel est votre restaurant préféré ?
L’Auberge du Cellier à Montner (chef  Pierre-Louis Marin). Pierre-Louis est justement une grande toque blanche du Roussillon que j’ai apprit à connaître lors de l’écriture de ce livre de cuisine catalane.

Son site : http://dani.moncontact.com/forum

La soirée de présentation de son livre Les Sociers d'Opoul : ici

25 novembre 2016

Interview de Marion Poirson-Dechonne pour brevesdefemmes.info

Interview de Marion Poirson-Dechonne Tsilla's univers

Marion Poirson-Dechonne est native de Montpellier. De formation Littéraire, elle a obtenu l'agrégation de Lettres Modernes, puis un doctorat ès Arts et Sciences de l'Art à la Sorbonne, consacré au théâtre dans le cinéma. Elle a été enseignante dans le secondaire, puis à l'IUFM (l'institut formant les futurs professeurs). Elle est actuellement maître de conférence de pratique de scénario et d'esthétique du cinéma à l'université Paul Valéry de Montpellier. Parallèlement à ses activités, Marion Poirson-Dechonne est l'auteure d'une cinquantaine d'articles sur le 7ème Art. Elle a aussi publié un roman policier aux Editions des Trabucaires sur la Vénus d'Ille, initulé Serial Vénus. Portrait de cette passionnée.

A quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ? 
7 ans. Mon premier poème.

Quels ont été vos premières sources d’inspiration ? 
Mes impressions. Mes sensations. Tout ce qui m’entourait. La nature, le jardin. Puis, plus tard, la seconde guerre mondiale et les camps.

Interview de Marion Poirson-Dechonne Tsilla's univers

Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme? 
Difficilement.
Écrire est très prenant, très exigeant, et demande l’exclusivité.
Et j’ai du mal à tomber amoureuse aujourd’hui.

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21° siècle ? 
Très variée. Nous ne sommes plus confrontées à un modèle unique.
Tout semble possible. Les femmes me donnent une grande impression de force, d’énergie et d’inventivité. Elles survivent à tout.

Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?
Assez peu.

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ? 
Mon style est concis, mais visuel, imagé, marqué par le cinéma. Autrefois, il était plus travaillé.
Je me cherchais et j’essayais d’imiter mes auteurs de prédilection.
Aujourd’hui, j’ai appris à écouter ma propre musique. Libéré de ces influences, il est devenu plus instinctif.

Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires (roman, essais etc.) ? 
Mes épreuves personnelles, d’abord : mort de mon petit frère, divorce, soucis pour l’éducation de mon fils. Je suis aussi marquée par la littérature (russe, italienne, américaine et latino-américaine).
Je préfère les romans anglais du XIXème siècle (Jane Austen, Thomas Hardy) à leurs équivalents français. Il serait difficile de tout citer, je lis énormément.
Le cinéma a lui aussi contribué à faire évoluer mes sujets et mon style.

Quels sont actuellement vos sources d’inspiration ? 
Il y a d’abord l’histoire : une ancienne passion, qui me permet de réfléchir sur le présent, le cinéma, qui nourrit mon imaginaire, la difficulté d’aimer, les luttes des femmes pour l’égalité et leurs soucis au quotidien, et certains faits divers qui mettent en évidence les crises de notre société.

Interview de Marion Poirson-Dechonne Tsilla's univers

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos ouvrages ?
Quelques-unes sont d’ordre technique, mais la plupart viennent du manque de temps, qui m’oblige à laisser un manuscrit pour m’y replonger plus tard, car mon travail actuel et ma vie familiale me sollicitent beaucoup.

Quelle lectrice êtes-vous ? 
Une lectrice passionnée, insatiable, qui ne saurait imaginer un monde sans livres.

Quels sont vos projets littéraires ? 
Un autre roman policier, qui touche au thème de l’enfance, un roman historique sur le mythe de Faust, et la suite des aventures de Maguelone. Mais pour l’instant, je suis trop absorbée par mon métier.


Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages à qui confiriez-vous la réalisation ? 

Aucune idée. Je pense que mon choix se porterait vers de bons comédiens de théâtre, inconnus du grand public, auxquels j’aimerais donner une chance.

Quel est votre livre de chevet ? 
Il faut vraiment donner un titre ? Si par une nuit d’hiver un voyageur, d’Italo Calvino mais la liste en fait serait longue.

Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnages que vous ont marqués ? 
Surtout les femmes, car il est difficile de vivre un destin de femme dans un monde dirigé par les hommes. Marie Curie, Sophie Scholl, sœur Emmanuelle, Valentina Tereshkova, la première cosmonaute, et Christa Mac Auliffe, tragiquement disparue dans l’explosion de la navette Challenger, Hildegarde Von Bingen, Emilie du Châtelet, Sofonisba Anguissola et Marguerite de Navarre.

Quels artistes vous touchent le plus ?
Fra Angelico, Dürer, Nicolas de Staël, Lucian Freud, Marc Chagall, les peintres et les musiciens des avant-gardes russes du XXème siècle, Mozart, etc.

Quel est votre plat catalan préféré ? 
Un trio : escalivada, poulet aux gambas, panellets. Et le chocolat a la pedra

 

7 avril 2018

Interview de Gil Graff

Interview de Gil Graff tsilla s univers (07)

Biographie :  

Gil Graff est née en 1962 dans un village aux alentours du Mans. Elle vit dorénavant à Saint-Cyprien (66). Derrière ce pseudonyme androgyne se cache une romancière, valeur montante du polar catalan.
Si elle n'a pas vécu mai 68, elle en a en revanche retenu l'ambiance, entre le désordre généralisé et quelques revendications utopistes. Elle a été baba cool puis punk, avant de se ranger et de se mettre à écrire. Lucide, elle écrit des livres souvent irrévérencieux, entre polar et science-fiction, s'attachant à développer la psychologie de personnages ordinaires.
Sa connaissance des milieux spécifiques vient de son parcours professionnel : depuis 16 ans animatrice et coordinatrice jeunesse dans une petite ville, Gil Graff travaille en relation avec la mission locale jeune et accompagne dans leurs démarches les jeunes les plus en difficultés d'insertion qui sont sous contrats CIVIS.
Issue d'une famille socialement mixte : son père vient d'une famille bourgeoise ancrée dans la Sarthe alors que sa mère des gens du voyage, cela lui permet d'être à l'aise et sans préjugés avec différentes catégories sociales.

Bibliographie Non Exhaustive :
La stratégie du cochon, éd. Cylibris, 2002 (policier).

Concerto pour l'abattoir, éd. Cylibris, 2004 (SF).
L'air du temps, éd. Cylibris, 2004 (roman).
Chronodrome, éd. Cap Béar, 2005 (SF).
Vous aurez de mes nouvelles dans les journaux..., éd. Cap Béar, 2007 (nouvelles policières).
Catalan psycho, éd. Mare Nostrum, 2008 (nouvelles policières).
Céret noir, éd. Mare Nostrum, 2011 (policier).

Interview :

 

Interview de Gil Graff tsilla s univers (01)

A quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ?
J’ai su lire et écrire très tôt, dès la deuxième année de maternelle, j’avais donc quatre ans et j’étais très impatiente qu’on me donne le porte -plume et l’encre réservés à ceux qui étaient dans leur dernière année.  Ecrire était donc un réel besoin pour me distinguer des autres afin que ma maman m’aime enfin !

Quelles ont été vos premières sources d’inspiration ?

J’avais donc quatre ans lorsque j’ai déchiffré seule mon premier livre c’était : « Oui Oui en voyage » , j’avais donc des personnages : Oui oui et son ami Potiron… J’ai vite réalisé que, dans ma tête, je pouvais leur faire vivre un tas d’histoires puis j’ai soupçonné que je pouvais inventer mes propres personnages. Du coup, lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire lorsque je serai grande, je disais : je veux être Enid Blyton !

Interview de Gil Graff tsilla s univers (03)

Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?
Je ne vois pas en quoi écrire influerait sur ma vie de femme, il y en a qui vont perdre 3 heures dans une salle de sport, d’autres méditent en faisant du point de croix, certaines tricotent d’autres encore s’adonnent aux sports de combat, ben moi j’écris… Lorsque je me livre à une activité manuelle : maçonnerie, agriculture et même  – berk ! – le ménage, j’ai la tête qui se met à broder des histoires alors, s’il me reste du temps après mon travail (je suis coordinatrice jeunesse dans une municipalité) je me mets à écrire…

 

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21? siècle ?

Je trouve que malheureusement la condition féminine régresse. Ma fille de 19 ans hésite à mettre une minijupe pour sortir en ville, de crainte d’être importunée par certains garçons, à mon époque, mes copines et moi, nous n’aurions jamais accepté que des gamins de notre âge nous dictent notre conduite vestimentaire. Je leur aurais donné un bon coup de Santiag dans les parties… J’entends que la mode du corset revient à la mode…. J’avais 20 ans en 1982, donc les bras m’en tombent. Ailleurs, les femmes sont voilées, d’autres sont lapidées… Il faut être une politicienne pour croire que le seul combat qui reste à mener est la parité dans les élections et que la revendication du salaire égal est en bonne voie. Donc, sur la planète Terre, pour les filles, ils reste du boulot, à moins qu’elles y trouvent leur compte…

Interview de Gil Graff tsilla s univers (05)

Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?
Non, une fois que le livre est édité ou le manuscrit à mon avis terminé, je donne à lire seulement si on me le demande. Il m’est arrivé parfois de lire quelques extraits au père de mes enfants lorsque j’étais incertaine d’être cohérente dans le récit mais je me fâchais s’il émettait des réserves. Je préfère partager mon plaisir d’écrire au travers d’ateliers d’écriture. Depuis 2009, j’interviens deux mois par an à la Maison d’arrêt des femmes de Perpignan. Je suis très heureuse lorsque celles qui se tiennent éloignées de la lecture et qui pensent qu’écrire dans le sens  « oeuvre d’imagination »   est réservé à une élite, arrivent à sortir des petits textes bien à elles (ces textes sont consultables sur le site de la LR2L ).

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ?
C’est difficile de se définir soi-même. J’utilise le langage courant en évitant les fioritures et les figures de style ampoulées, je ne me regarde pas écrire, ce qui compte c’est l’histoire que je suis en train de raconter, je cherche avant tout le bon mot : celui qui va au mieux traduire ma pensée, pas à «  étaler »  de la culture, et pourtant, on me félicite souvent sur la richesse de mon vocabulaire. J’ai écris plus d’une dizaine d’histoires, sept ont été publiées, j’ai volontairement enterré certains textes.  Je pense avoir gardé mon «  ton » au fil du temps, peut-être parce que je n’ai jamais cherché à écrire à la manière de…
On peut dire, peut-être, que l’humour noir me caractérise. J’ai horreur du pathos et je préfère rire des atrocités plutôt que d’en pleurer.

Interview de Gil Graff tsilla s univers (04)Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires (roman, essais etc.) ?
La plupart du temps ils se sont imposés. J’avais des trucs à dire :
-) sous couvert de raconter une histoire j’ai «  « dit ». Mes histoires avaient un thème en filigrane. La toute première histoire qui aurait pu être publiée parlait de l’enfance. J’ai relégué ensuite le texte aux oubliettes. J’ai aussi répondu à deux commandes : Catalan Psycho et Céret Noir, j’ai aimé les écrire tout autant que les autres.

Quelles sont actuellement vos sources d’inspiration  ?
La source de l’inspiration c’est à mon avis l’imagination, je laisse aux spécialistes du cerveau le soin d’en expliquer les mécanismes. Si j’ai rien à raconter, je me tais.

Interview de Gil Graff tsilla s univers (05)

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos ouvrages ?
Le nombre de pages ! La fabrication d’un livre coûte cher et les éditeurs grincent des dents lorsqu’on leur soumet un pavé. Sinon, en dehors de cette contrainte matérielle, il me manque souvent le temps.

Quelle lectrice êtes-vous ?

J’ai beaucoup lu, je lis un peu moins, cependant j’ai toujours un livre en cours de lecture, mais je suis devenue difficile et intraitable : si un livre me tombe des mains, je laisse tomber, donc j’achète peu et j’emprunte beaucoup. Je lis peu d’auteurs français en dehors des classiques.

Interview de Gil Graff tsilla s univers (06)

Quels sont vos projets littéraires ?
Une sombre histoire avec des «  vilaines  » filles.

Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages à qui confiriez-vous la réalisation ?
Je n’en suis pas là, pour moi le cinéma est un cercle très fermé. Pourtant je sais que certains de mes livres «  tournent  » actuellement de mains en mains parmi des réalisateurs.

Quel est votre livre de chevet ?

Le dictionnaire.

Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnages que vous ont marquée ?

Lilith la première femme d’Adam, qui a refusé d’être inférieure à l’homme. C’est à peine une dérobade… Sinon j’ai été impressionnée par l’histoire de Phoolan DEVI.

Quels artistes vous touchent le plus ?
Les musiciens peut-être…

Quel est votre plat catalan préféré ?
L’escalivade.

Quel est votre restaurant préféré ?
Salim ! Nul n’égale mon chéri en matière de cuisine !

 

son blog : http://gilgraff.canalblog.com/

 

19 novembre 2016

Quelques autres textes...

Mes textes sont tous protégés ! 

IMAG0120

Artificiel

 

C'est le mot d'une génération.

 

Le mot de la communication,

 

de l'internet, du langage sms,

 

de ce lien superficiel,

 

 aussi profond qu'il est artificiel.

 

La révélation

 Une musique d’AC/DC dans le 45 tours, du papier peint déchiré par endroits, des cheveux en bataille, un drap blanc marqué de quelques tâches. Par la fenêtre, la lueur du jour nouveau, pénètre. Un silence. Un lendemain difficile, des cadavres de bouteilles étalées sur le sol, une odeur de fumée morne. Une pensée floue et vague, des sous-vêtements introuvables, un poster de Mick Jagger qui nous contemplés, et dans la poubelle...plusieurs sont usagées.

 

AC/DC - Back In Black

 

Le silence

 

Maintenant, que ferais-tu si le temps n’existait plus ?

 

Maintenant, que sais-tu, alors que tout s’effondre ?

 

Maintenant, que reste-t-il d’une seconde ?

 

Maintenant, les mots n’existent plus.

 

Maintenant, que l’on a tout, que tout est perdu.

 

Maintenant, erres-tu en silence, en contemplant ta vie ?

 

Maintenant, que tout n’est que violence et insomnie ?

 

Maintenant, existe-t-il encore le cri ?

 

Maintenant, que reste-il dans les bribes nos absences ?

 

Maintenant, que reste-il de nos silences ?

 

 

 IMAG0045 - CopieOublier

Écrire ton nom,

 

comme murmurer je t'aime.

 

Puis le barrer,

 

le rayer,

 

avec force, conviction !

 

Le tâcher ;

 

le brûler,

 

sentir sous mes doigts

 

le plaisir de cette action.

 

Lui marcher dessus,

 

qu'il crève, qu'il crève !

 

Recommencer,

 

et en faire un parfait brouillon.

 

Le noyer, l'essorer,

 

le tordre,

 

le mordre,

 

le couper,

 

faire du corps du papier

 

le refuge de la trahison.

 

Le déchirer,

 

l'écarteler,

 

l'éparpiller,

 

l'asphyxier sous une tonne de charbon.

 

Le noircir,

 

le détruire,

 

planter les lames d'un cutteur

 

dans les lettres de ton coeur,

 

et regarder l'encre couler.

 

Prendre une plume,

 

laisser l'encre en jaillir,

 

l'écrire,

 

encore !

 

Juste pour t'oublier...

 

Une page blanche, nouvelle

 

la saisir comme une chance ;

 

et la tourner...

 

 

30 janvier 2018

Interview de Virginie Chopin pour brevesdefemmes.info

Virginie Chopin est une actrice et tragédienne, elle habite actuellement dans le Languedoc Roussillon. Elle a notamment participé à l'aventure de l'Echec de la Reine, une pièce créée par Christian Hernandez, du théâtre du Greko. Portrait d'une artiste pas comme les autres.

Virginie chopin tsilla s univers (01)

Je n’ai jamais ressenti le besoin de jouer des rôles. Par contre j’ai toujours eu envie de jouer, je  pense depuis que je sais marcher. Alors je dirais que je joue depuis mes 14 mois.

Mon parcours est assez classique. Je suis venue à Paris après le bac pour faire des études de biochimie, mon père ne voulant pas financer celles de théâtre car jouer la comédie n’est pas un métier. Je prends donc le chemin de la fac de sciences, Jussieu pour être précise pour devenir chercheur. En licence, je craque et passe une audition au Cours Simon et suis acceptée comme élève en janvier 1986. J’en sors en juin 1989.Les principales difficultés rencontrées quand on est comédienne sont financières. Le plaisir de jouer se rémunère très mal ….

Virginie chopin tsilla s univers (02)

La vie de famille peut être houleuse, travailler un rôle prend du temps physique mais aussi du temps mental, on pense souvent ailleurs. Ca ne plait pas toujours. Toutes ces difficultés m’ont prise de court pendant 15 ans, c’est le temps qu’il m’a fallu pour divorcer, élever 4 enfants, me remarier et donc m’éloigner du théâtre car ce n’était pas le propos. Mais l’envie de jouer ne se tait pas indéfiniment et en mars 2010 j’ai crée ma propre compagnie DéZir et DéZar sur Perpignan.

Ma première vraie source d’inspiration a été l’idiot de Dostoievski. Le personnage du prince Michkine a été une formidable découverte : intelligent, sensible, doux, émotif….Rôle énorme parce que entier et tout en nuance. C’est donc vers les auteurs russes que je me suis tournée en premier lieu, lisant les romans, les adaptations théâtrales, les pièces, les nouvelles. Tchekov, Gogol, Tolstoi, Dostoievski, Pouchkine….Et puis bien sûr, le théâtre classique français avec Racine en tête mais sans oublier les autres. Et puis une femme Colette qui est peut-être le seul écrivain dont j’ai eu envie de connaître la vie, la seule dont j’ai, en plus des œuvres complètes, la biographie.

Mes sources d’inspiration n’ont pas vraiment changé. Ces auteurs sont toujours des personnes vers lesquelles je me tourne très régulièrement, j’en feuillette quelques pages ou en relis le texte complet presque chaque jour. Une belle rencontre, plus récente, Henri Bauchau, dont l’écriture me ravit à chaque livre et dont je pense monter quelque chose bientôt.

Virginie chopin tsilla s univers (03)Quitter Paris m’a permis de revenir au théâtre, les rencontres sont plus simples, le temps respire plus doucement. J’ai pu m’arrêter pour regarder et m’apercevoir que l’envie de jouer était toujours là et que je pouvais de nouveau la laisser s’exprimer. Mais c’est parce que j’ai vieilli, grandi à travers mes proches que mon jeu et ma passion du jeu sont plus simples aujourd’hui.

J’aurais aimé jouer au théâtre d’Epidaure, en Grèce quelque soit la pièce mais de préférence un classique, Sophocle, Eschyle ou Aristophane. Le lieu est extraordinaire, le son merveilleux et c’est un vrai lieu consacré au théâtre. Pour l’instant c’est un rêve mais sait-on jamais ?

Les acteurs que j’aime sont nombreux. Emma Thomson, Dominique Blanc, Ludmilla Mikael, Scarlett Johansson, Kate Winslet, Valeria Golino, Jodie Foster, Meryl Steep …Al Pacino, Clint Eastwood, Morgan Freeman, Johnny Depp, Anthony Hopkins, Jean Rochefort… et tant d’autres.

Virginie chopin tsilla s univers (04)Les pièces que j’ai jouées sont très différentes. Adaptées d’auteurs chinois comme Lu Xun ou allemands comme Stefan Zweig ou Fontane, écrites pour le bicentenaire de la Révolution française, tirées du répertoire classique comme Marivaux. Les pièces qu’on joue quand on est jeune sont celles qu’on vous propose et que vous acceptez ou pas. Une pièce c’est une équipe ce n’est pas seulement un texte. On apprécie le texte ou le metteur en scène ou les autres comédiens. C’est génial quand les trois sont réunis.

Je n’ai pas toujours concilié ma passion et ma vie de femme donc je ne sais pas comment on fait sur le long terme. Je mets toujours en veilleuse l’un ou l’autre. Je n’arrive pas à répéter 8 heures par jour en faisant le ménage, les courses, le repassage, en allant chez le coiffeur, en faisant à manger, en sortant…..Je ne concilie pas, je mets un pied devant l’autre et avance pas à pas, en gérant les priorités. Mais comme toute femme qui travaille et qui a une famille, j’ai appris à slalomer. Et aussi à être sourde ou pas là.

Virginie chopin tsilla s univers (05)

Des moments d’intense bonheur, j’en ai tous les jours. On pourrait croire que je me contente de peu mais ce n’est pas le cas. J’aime profondément la vie et je crois que ça vient de là. Le rire fait partie de ces moments là.

Pour les projets il y a : Jouer la comédie, mettre en scène, transmettre ce que je sais du théâtre et former des comédiens. Continuer à avoir envie, à ne pas me soumettre, à me révolter, à ne pas me taire.

J’évite les personnes qui me sont hostiles et ne prendre en compte que celles qui m’apprécient.

Pour le futur proche, jouer Savannah Bay de Duras jeudi prochain, continuer à travailler avec Le théâtre du Gecko le rôle de la Reine dans Échec à la reine d’Andrée Chedid, mettre en répétition  » Le petit violon  » de Grumberg….

Maintenir en même temps une équipe d’enquêteurs sur Perpignan, ça c’est pour l’alimentaire  et pour garder l’intermittence.
Et puis peut-être quelques jours de vacances en famille pour aérer tout cela.

Dans l’histoire de l’humanité, beaucoup de personnages m’ont choquée plus que marquée.

Tous les hommes de pouvoir sont cruels et imbus d’eux même : des rois aux papes, des dictateurs aux intégristes….ils sont choquants. Je ne suis pas sûre qu’il y ait une personne exceptionnelle pour l’humanité qui le soit aussi dans le quotidien alors je ne sais pas qui choisir. Nelson Mandela peut-être, l’abbé Pierre et Modigliani.

La femme, cet animal étrange n’a jamais eu autant de pouvoir de décision qu’en ce 21ème siècle. Pourtant je ne suis pas sûre que ça lui convienne tant que ça. La société actuelle est très individualiste et égoiste, la femme l’est aussi. Pourtant au milieu de cette société kleenex, portable et ascenseur pour le sous-sol, des petites bulles de solidarité, d’échanges, de dépannage, souvent à l’initiative de femmes se développent. Alors …

Mais ce qui est bien c’est le mélange, il faut donc des couleurs, des âges, et des sexes différents pour que ce soit vivant.

Restons sérieux, continuons à jouer.

 

1 novembre 2016

Interview d'Hélène Legrais pour brevesdefemmes.info

Interview d'Hélène Legrais Tsilla's univers

Hélène Legrais est née dans le vieux quartier St Jacques à Perpignan, d'un père breton et d'une mère catalane. Historienne de formation, elle sort major de promotion de l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, avant de débuter une carrière de reporter radio à France Inter en 1984. Passionnée par la Littérature et l'écriture, ce n'est qu'en 1996 qu'elle publie son premier roman, La Damoiselle d'Aguilar. En 2000, elle décide de quitter le journalisme pour se consacrer uniquement à l'écriture. Sous sa plume, naîtront plus d'une dizaine de romans de romans parmi lesquels Les Montagnes chantaient la liberté ou encore Ceux du Château, ceux du Moulin. Parallèlement à son activité, elle anime des ateliers d'écriture, intervient en milieu scolaire, donne des conférence, continue de donner ponctuellement des chroniques à Radio France bleue Roussillon, et s'occupe du D.U. journalisme à la faculté de Perpignan Via Domitia. Portrait de cette artiste de haut vol dont la plume déborde d'imagination.

Interview :

Interview d'Hélène Legrais Tsilla's univers

A quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ?
L’écriture a toujours été « mon » moyen d’expression. Gamine, j’écrivais des poèmes, des contes des petites histoires façon « Club de 5 ». Mes premières lectrices : mes sœurs, des jumelles de 7 ans mes cadettes, qui refusaient de lire le soir avant de se coucher comme nos parents nous le demandaient et qui ont fini par y prendre goût en lisant mes premières heures « Le mystère de la meule de paille » et « Le secret de la villa des oiseaux » ! Ado, j’écrivais des pièces de théâtre à quiproquos et rebondissements inspirées de « Au théâtre ce soir » et j’enrôlais tous les copains du quartier pour les jouer et les enregistrer sur un magnétophone à cassettes ! Après le bac, j’ai choisi tout naturellement de devenir journaliste, pour écrire encore, avant de me lancer dans l’écriture de mon premier manuscrit à la trentaine. Je me sentais enfin prête …

Quelles ont été vos premières sources d’inspiration ?

L’Histoire. Elle m’a toujours passionnée. Avant de faire l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, j’ai fait une licence d’Histoire. Et j’étais fan de « Fortune de France », la saga de Robert Merle, idéale pour plonger dans le XIVe siècle des guerres de religion et le vivre de l’intérieur. C’était comme cela que je voulais écrire ! Pour mon premier manuscrit, je me suis souvenue d’une miniature persane reproduite dans mon livre d’Histoire de 5e : « médecin opérant son malade sous anesthésie » … au XIIe siècle ! Cela a donné « La Damoiselle d’Aguilar », mon premier livre.

Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme ?


Il n’y a pas à concilier : je suis une femme passionnée, c’est tout. Je ne sais rien faire à moitié. Je suis journaliste, animatrice radio, romancière, animatrice d’atelier d’écriture, conférencière … et maman. Et chaque chose à 100% ! Je sais, c’est mathématiquement impossible ; c’est pour cela sans doute que je n’ai pas beaucoup le temps de dormir ! Je dois être un peu hyperactive … Les hommes ont un peu de mal à suivre !

 

Interview d'Hélène Legrais Tsilla's univers

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21e siècle ?


Une combattante. Parce qu’il y a encore beaucoup de barrières, de tabous et d’intégrismes à abattre. Les femmes étaient en première ligne des révolutions arabes et beaucoup prennent maintenant le retour du bâton. Et nous-même, en France, devons rester vigilantes. Moins pour nous, qui savons d’où nous venons et ce que nous avons gagné, que pour nos filles et petites filles qui elles ne sont pas passées par là et risquent de se laisser piéger.

Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?


Je demande toujours à un de mes proches, parents ou amis, d’être mon premier lecteur. Et je fais aussi lire mon manuscrit à la personne qui connaît le mieux, techniquement, le sujet historique que j’ai traité afin qu’elle trouve les petites erreurs ou anachronismes qui m’auraient échappés. C’est tout. Comme j’écris toujours dans l’urgence, je n’ai pas le temps de le faire lire à plus de monde !

 

Interview d'Hélène Legrais Tsilla's univers

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ? 


Je travaille beaucoup pour que mon style soit fluide, qu’il coule de source. Et pour ce faire, j’écris toujours à haute voix, en écoutant la « musique » des mots. Sinon, je dirai que mon style est visuel, presque cinématographique : l’intrigue est découpée en scènes, il y a des « mouvements de caméra », des champs et des contrechamps, des flash-back … C’est mon écriture naturelle mais au fil des livres, elle s’est affirmée. J’ai appris à me faire confiance …

Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires ?


J’ai déjà parlé de mon goût pour l’Histoire et de mon intérêt pour « Fortune de France » de Robert Merle. Mais c’est un accident de la vie qui m’a poussé à « passer à l’acte ». Je me suis retrouvée seule avec mon fils tout bébé et pour ne pas sombrer dans la dépression, j’ai cherché un moyen de m’évader … l’écriture a été mon évasion et ma sauvegarde.

Quels sont actuellement vos sources d’inspiration ?


J’ai entrepris de ressusciter des événements qui se sont déroulés dans le département et qui ont disparus dans les oubliettes de l’Histoire : la grève des transbordeuses d’oranges de Cerbère en 1906, première grève de femmes en France, la création de la maternité suisse d’Elne par Elisabeth Eidenbenz lors de la retirada, Perpignan capitale mondiale du papier à cigarettes grâce à JOB, Mermoz et St Exupéry testant les hydravions de l’Aéropostale à la base de St Laurent de la Salanque … Et il y en a encore beaucoup d’autres à « remonter à la surface » !


Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos ouvrages ?


Le manque de temps. J’écris un roman par an mais comme je tiens à ce qu’il soit historiquement le plus exact possible j’effectue d’abord un gros travail de documentation. Il me reste en général 4 mois pour écrire et je finis toujours au sprint !

 

Interview d'Hélène Legrais Tsilla's univers

Quelle lectrice êtes-vous ?


Avant j’étais une dévoreuse de livres. De toutes sortes. Maintenant je lis surtout « utile », pour ma documentation. J’ai très peu de temps de lire simplement pour le plaisir et je le fais avec beaucoup de retard. Ainsi, j’ai lu « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » que j’ai adoré deux ans après sa sortie !

Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages, à qui confiriez-vous la réalisation ?


Quand j’écris, il m’arrive de m’inspirer d’acteurs pour créer tel ou tel personnage. Par exemple, l’héroïne de mon premier roman « La Damoiselle d’Aguilar » avait dans mon esprit les traits d’Isabelle Adjani et Pons Vidal, l’étudiant en médecine, était un mélange de Robin Renucci et Daniel Mesguich. Plusieurs metteurs en scène m’ont contacté pour adapter à l’écran certains de mes livres, notamment « la Transbordeuse d’oranges » et « Les enfants d’Elisabeth ». Je serais curieuse de savoir ce qu’ils en feraient. Quelle serait leur propre vision de l’histoire qui est sortie de mon imagination …

Quel est votre livre de chevet ?


« Une prière pour Owen » de John Irving. Un chef d’œuvre de construction. Le jour où je serai capable d’écrire ainsi …

Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnage qui vont ont marqués ?


Les explorateurs, les pionniers, ceux qui ont osé affronter l’inconnu pour savoir … Je garde un souvenir ébloui de ce soir de juillet 1969 où, gamine, j’ai vu sur l’écran de TV Neil Armstrong, petite silhouette blanche sur fond noir, poser le pied sur la lune que je pouvais admirer par la porte-fenêtre du salon ouverte sur la nuit !

 

Interview d'Hélène Legrais Tsilla's univers

Quels artistes vous touchent le plus ?


Ni les plus beaux, ni les plus forts, ni ceux qui ont le plus de succès … mais les sensibles, ceux qui ont une fêlure à peine perceptible mais qui leur donne une profondeur inestimable.

Quel est votre plat catalan préféré ?


Facile : les boles de picolat ! Une passion qui remonte à l’enfance. Et la crème catalane bien caramélisée. L’idéal pour perdre du poids !

Quel est votre restaurant préféré ?

J’aime être surprise par le cadre, la cuisine … Je citerai « le Sud » de mon amie Marie, près de la place du Puig à Perpignan. On se croirait dans un patio marocain, calme et frais, alors qu’on est en plein quartier St Jacques !

 

23 août 2013

Interview de Judith Profil

Ma photo

 

Biographie : 

1.Biographie 
Bercée par les chants de maloya traditionnels, sacrés ou profane de Danyel Waro ou du Rwa Kaf, puis de Bob Marley, j’ écris depuis l’âge de six ans. Des exercices 
d’écritures alphabétiques tout simples, jusqu’au journal intime, je découvre la poésie créole au lycée, intriguée par les textes de Francky Lauret et la poésie de Patrice Threutard, poètes de renom réunionnais. Ainsi l’oralité, la musique, et l’écriture sont pour moi comme l’eau, l’air et la terre, juste complémentaires. 

Je se mets à écrire des textes poétiques en créole à l’âge de dix sept ans, et trouve un 
sentiment de libération dans l’écriture. Passionnée de littérature française, mes premières tentatives d’écriture en français se sont soldées par maints échecs. La libération que procure le créole, me mènera à me produire dans différents kabar fonnkèr où je parviens à partager mes émotions et mes textes. 
Mon envie d’écrire, et de dire mes sentiments sur ma condition de jeune femme noire 
Réunionnaise me pousse à écrire Séga Bondyé Galé, mon premier livre qui en somme vise une tentative de reconstruction de l’imaginaire réunionnais où la réalité de nos vies réunionnaise est sublimée. 
En effet, j’ai a une conception décomplexée de l’écriture, qui selon moi doit être avant tout un média et non une fin en soi. Le texte crée est un tout autonome, parole, musique, chant et doit même se confondre au sentiment dans lequel il a été engendré. 
C’est pour cette raison je donne vie, dans un spectacle intitulé Séga Bondyé Galé, aboutissement du livre, à un personnage clé Kalathoumi ,prêtresse poétique qui met en forme et chante ses sentiments, accompagnée d’un instrument magique la mbira qui lui permet de sublimer la réalité pour pénétrer dans un univers onirique. 
C’est uniquement à ce moment là qu’elle entre en contact avec la nature et en particulier sa propre nature humaine. 
A vingt cinq ans, je suis une jeune femme bouillonnante de créativité et est fière et heureuse de pouvoir présenter ses réflexions dans son premier 
ouvrage Séga Bondyé Galé. 

Interview :

1. A quel âge avez-vous ressenti le besoin d'écrire ?

J'ai ressenti le besoin d'écrire après avoir appris l'alphabet. C'était un besoin instinctif pour moi, de formuler des mots et de les écrire sur du papier. 

2. Quels ont été vos premières sources d'inspiration ?

Je me rappelle d'un sentier que je prenais pour aller à l'école, où je traversais un endroit pleins de lianes. Et sur ces lianes, des petites coccinelles traçaient leurs chemin;  Peut être que ce sont elles les coccinelles, qui m'ont fait rêver et c'est  grâce à elle que je me suis évadée dans ce monde magique...

3. Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?

Je me suis aussi posée cette question. Et je l'ai résolue en ne me la posant plus. J'aime écrire, rêver.  J'ai décidé de vivre pleinement ma vie de femme artiste en étant tout simplement moi même, tout le temps. 
  Être vraie, honnête avec moi même et mon entourage me rapproche de ma recherche artistique.

4. Selon vous, quelle est l'image de la femme en ce 21° siècle ?

J'ai en tête deux femmes d'exception. La première est ma grand mère. Et la deuxième est ma mère. Ce sont deux femmes travailleuses, dignes et fières d'elles. Ce sont mes modèles.  En ce 21 eme siècle, je cultive cette image.

La femme en ce 21 eme siècle est toujours pour moi celle qui travaille, celle qui rassemble. Mais elle est selon moi trop seule à l'ouvrage, affaiblie par la pression de la société qui veut qu'elle soit parfaite ( au travail, en tant que mère, en tant que femme). 
Il y a trop de pression sur la femme si bien, qu'en voulant être parfaite, elle s'use et se perd.
La femme du 21eme siècle est néanmoins pleine de ressources. Elle a une force peu commune, c'est la puissance de l'amour. C'est avec l'amour que les femmes font tenir la société. Car sans sans l'amour et sans les femmes ce serait le chaos, dans ce 21eme siècle décadent. 

5. Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?

J'ai partagé mes premiers écrits en créole avec mes proches. Et plus le temps passe, et plus, je deviens timide. je partage de moins en moins ce que j'écris.


6. Comment définiriez-vous votre style et s'est-il transformé au fil du temps ?

Je n'arrive pas à me définir un style. Je crois tout simplement que je pratique l'art de l'oralité.  En ce qui concerne mes écrits par contre; oui, je n'écris plus comme avant. D'abord, j'écris de façon moins spontanée, plus réfléchie. Je prend beaucoup de temps avant d'écrire un texte. 
Et depuis quelques temps, je suis plus inspirée par la puissance d'un mot, par ce qu'il évoque que par le simple sens de la phrase. C'est comme si se dessinait en moi, un rapport de plus en plus intime avec les mots;

7. Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires (roman, essais etc.) ? 

Tout d'abord, c'est après une expérience professionnelle douloureuse que je me suis mise à écrire mon premier livre. Ça a été une période très difficile émotionnellement parlant. Et la seule manière de m'exprimer, de soigner ma souffrance était d'écrire des poèmes. C'était la forme qui m'allait le mieux, le vers libre .

Puis, j'ai souhaité aller plus loin dans cet univers poètique, alors , je me suis mise à écrire un roman. Lorsque j'ai commencé l'écriture de ce roman, je travaillais à mi temps. ce qui me permettais d'avoir des temps de réflexion, et d'oisiveté.

8. Quels sont actuellement vos sources d'inspiration ?

Je ne sais pas pourquoi, mais , cela fait un moment que tout ce qui sort de la terre m'intéresse. Et notamment, les insectes...
Mais je dois dire que j'écris sous une certaine pulsion. Lorsque je suis triste ou en colère. Ce sont mes émotions qui me guident. 
Ce sont eux qui décident où mes sources d'inspirations se nichent. 

9. Quelles difficultés rencontrez-vous dans l'élaboration de vos ouvrages ?

Je rencontre beaucoup de difficultés. Elle revêtent un certain challenge qui au fond ne me déplait pas. D'abord, la première difficulté est la gestion du temps. 
Cela fait deux ans que j'ai entamé mon premier roman, et je peine à le terminer , car je suis sans cesse en train de changer la moindre tournure de phrase...Alors le temps de l'écriture se poursuit comme s'il n'avait pas de fin. 

Puis, quelque fois aussi, je manque de concentration et de rigueur dans mon travail d'écriture. Mais je crois que les choses se font peu à peu. Et je m'améliore avec le temps. 

10. Quelle lectrice êtes-vous ?

Je suis une grosse lectrice. Je lis de tout. J'aime bien les romans, les actes de colloques. Je suis comme un papillon qui butine les livres que j'ai à la maison. En fait , je lis un peu tout ce que je trouve...
 
11. Quels sont vos projets littéraires ?

Comme je vous l'ai dit, j'écris un livre en ce moment , un roman et un recueil de poèmes. 

12. Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages à qui confiriez-vous la réalisation ?

Je choisirai l'actrice réunionnaise Yaelle Trulès pour interpréter mon personnage principal Kala qui est déjà présente dans mon premier recueil de poèmes. Je confierai la réalisation à un ami Gaston Igounet, un réalisateur pour qui j'ai beaucoup d'admiration. 

13. Quel est votre livre de chevet ?

En ce moment, je lis un livre passionnant sur l'artiste plasticien Jackson Pollock qui  s'intitule « Jackson Pollock et le chamanisme ».

14. Dans l'histoire de l'humanité, quels sont les personnages que vous ont marqués ?

Les personnage qui m'ont marqués, ce sont mes ancêtres. Ils ont contribué à la valorisation du patrimoine matériel et immatériel qu'ils m'ont légués. Je leur remercie. 

15. Quels artistes vous touchent le plus ?

Nathalie Natiembé, Jim Fortuné sont des artistes réunionnais qui me touchent beaucoup par leur joi de vivre, leur générosité et leur sincérité. Nathalie Natiembé me touche d'autant plus par la force qu'elle transmet à son public lorsqu'elle est sur scène.

16. Quel est votre plat catalan préféré ?

Je ne connais pas la cuisine catalane, malheureusement!

17. Quel est votre restaurant préféré ?
 
J'aime beaucoup le Bistrot de la porte des lilas à saint Denis. C'est un restaurant où l'on mange des mets succulents!
13 mars 2018

Interview de Françoise Delmon

 Biographie

Mon enfance s'est déroulée à Paris. Littérature, peinture, musique, cinéma et sculpture faisaient partie de mon univers et je m'en suis abreuvée, dévorant les romans de la bibliothèque du salon, inventant des histoires avec les dignitaires chinois en ivoire et le faune en bronze etc... Je me suis donc tout naturellement orientée vers des écoles d'art (Lycée Elisa Lemonnier et l'École Boulle). Mon mariage m'a entraîné à Lyon où j'ai débuté comme décoratrice, puis comme professeur de Décoration d'intérieur. A cette période de ma vie, je me suis mise à compiler des informations hétéroclites et à rédiger des nouvelles, m'imprégnant de lecture ; œuvres classiques et contemporaines, B.D sans oublier les sagas de science-fiction.
En 1990, je me suis installée sur Perpignan, j'ai repris des études aux beaux-arts et ai entamé une nouvelle carrière de professeur d'art plastique. C'est en 1995 que j'ai réellement commencé à écrire dans toutes les directions en suivant les divagations de mon esprit « peuplé ».
Les sorties de mes romans. Le premier « Le silence peuplé » en 2010 une fiction historique, puis le deuxième, un policier psychologique et historique « Le rire des anges » en 2012 aux Presses Littéraires.
Trois romans vont sortir très prochainement, fin 2013 et premier trimestre 2014. (un roman, un roman graphique humoristique et un policier)

Interview de Françoise Delmon tsilla s univers (02)

1. A quel âge avez-vous ressenti le besoin d'écrire ?

A l’adolescence, je me suis mise à compiler des informations hétéroclites (documents de personnes ayant connus les deux guerres, histoires atypiques d’hommes et de femmes de mon entourage). Je rédigeais des nouvelles, des contes, des poèmes comme tous les ados et je m'imprégnais de lecture ; œuvres classiques et contemporaines, bandes dessinées, philosophie, sans oublier les sagas de science-fiction, j’étais boulimique et sortais peu. En 1990, je me suis installée sur Perpignan, j'ai repris des études aux beaux-arts et ai entamé une nouvelle carrière de professeur d'arts appliqués (art plastique en lycée professionnel). C'est en 1995 que j'ai réellement commencé à écrire des manuscrits plus conséquents dans toutes les directions en suivant les divagations de mon esprit « peuplé ».


2. Quels sont vos sources d'inspiration ?

La vie, les vies, les parcours, l’histoire, l’art, les légendes, la mythologie, l’enfance, la psychothérapie, les évènements traumatiques, les affections, les blessures et leurs cortèges de douleurs et d’espoirs. Mon esprit est un grand pourvoyeur d’idées, elles me viennent sans que je le décide. Ce sont soit des images qui me viennent à l’esprit, un petit scénario, puis je tisse une histoire, les personnages naissent, m’entraînent et me mènent où ils le désirent…
Et puis, ma vie, même si je n’ai aucune envie d’écrire « Mon Histoire perso ».

Interview de Françoise Delmon tsilla s univers (03)

3. Comment conciliez-vous votre passion et votre vie privée ?

Pour moi, j’écris bien quand je suis bien dans ma vie, j’écris rarement dans la douleur… Alors, comme ma vie a été traversée de longues périodes douloureuses, j’ai eu de longues périodes où j’ai écrit pour me soigner et non pour transmettre. Aujourd’hui, j’aime ce que j’écris et j’aime le partage avec mes lecteurs. Il est certain que pour se plonger dans mes récits je dois m’isoler, c’est un travail comme un autre et ma famille me soutient.


4. Selon vous, quelle est l'image de la femme en ce 21° siècle ?

Ce 21e siècle « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ! » dit André Malraux. Je pense que la femme a un rôle très important à jouer. La femme du 21e siècle est un peu multifonctions, elle se doit de parler de paix, de tolérance, de rapprochements, d’écologie, d’espoir. Le poids de la planète est entre ses mains, "L'avenir de l'homme, c'est la femme. Elle est la couleur de son âme." Dit Louis Aragon dans « Le Fou d’Elsa » en 1963. « La femme est l’avenir de l’homme » chante Jean Ferrat en 1975. La femme est le symbole de la maternité, de la sécurité, de l’amour…


Interview de Françoise Delmon tsilla s univers (04)

5. Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?

Oui, bien sûr. Je parle de mes projets à mes proches et je demande leur avis. Je pense qu’ils représentent un éventail intéressant du lectorat. Et, ils sont « critiques » dans le bon sens du terme, ils me font avancer.

6. Comment définiriez-vous votre style et s'est-il transformé au fil du temps ?

Mon style est très diversifié. J’écris, depuis toujours, selon l’inspiration du moment. Je peux passer du roman historique et psychologique au polar, du conte pour enfant au roman d’ados fantastique, du roman graphique humoristique aux nouvelles, de la science-fiction au roman de Noël. J’aime surprendre et me trouver là où l’on ne m’attend pas. Mais j’ai un fil conducteur : l’espoir, l’amour, le cœur, la reconstruction, la justice. Je suis positive et fière de l’être. Je dois avouer que plus j’écris, plus je m’améliore (ce sont des lecteurs qui disent cela…)

7. Quelles difficultés rencontrez-vous dans l'élaboration de vos ouvrages ?

J’écris généralement des romans (chorales) plusieurs personnages, plusieurs époques, des feed-back. La difficulté principale est que tout s’emboite correctement (les dates, les lieux, la véracité de la vie dans les diverses époques…) Je fais des plans pour chaque roman.
J’ai toujours plusieurs projets en chantier, donc lorsque je suis bloqué sur un récit, je laisse le temps faire son œuvre et je travaille sur un autre. En ce moment, j’ai des nouvelles fantastiques, une trilogie de science-fiction (un futur proche et possible).

Interview de Françoise Delmon tsilla s univers (05)

8. Quelle lectrice êtes-vous ?

Je suis une bonne lectrice, mais je ne suis pas une boulimique, ni une lectrice obligatoirement dans le « mouv ». Je lis par affinité et par coup de cœur. Le hasard me conduit.

9. Quels sont vos projets littéraires ?

Ils sont nombreux et divers comme je vous l’ai précisé plus haut. Un roman graphique, un conte initiatique et fantastique pour enfant, un autre polar…. J’ai une douzaine de romans déjà commencés dans mes tiroirs. Dans ma tête, je ne compte pas !!!

10. Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages à qui confiriez-vous la réalisation ?

Je n’en ai aucune idée, je ne suis pas penché sur le problème, même si de nombreuses personnes m’ont dit que mes romans feraient de très bons films.

Interview de Françoise Delmon tsilla s univers (06)

11. Quel est votre livre de chevet ?

Je n’en ai pas car je ne veux pas privilégié un auteur. Il y en a tellement de fabuleux. Quand j’étais ados j’ai dévoré Les Rougon-Macquart d’Emile Zola, Albert Camus, Fortune de France Robert Merle et tant d’autre…


12. Dans l'histoire de l'humanité, quels sont les personnages que vous ont marquée ?

La grande histoire et la petite histoire m’inspirent tout le temps, comme le futur d’ailleurs. J’aime particulièrement l’antiquité, le moyen-âge, la révolution, le début du vingtième siècle et la première guerre mondiale.

13. Quel est votre plat préféré ?

Le fondant au chocolat avec sa crème anglaise.

 

23 août 2013

Interview de Laurence Schaack

Laurence Schaack
 
Biographie : 
Auteur de romans adulte et jeunesse (J’ai lu, Bayard Jeunesse, Hachette) et de documentaires pour enfants (Atlas), Laurence Schaack a été journaliste pendant quinze ans.

Musicien rock (guitariste de Santa Cruz, Bruno Green, Holy Dust…), journaliste pigiste, auteur de plusieurs romans, Goulven Hamel est passionné par l’histoire des musiques amplifiées en général et par celle du rock en particulier.

Retrouvez-le sur son site ! http://www.myspace.com/theholydust
Interview :
 
1. A quel ‚ge avez-vous ressenti le besoin d'écrire ?
Depuis que j’ai éprouvé le besoin de gagner ma vie. Il se trouve qu’écrire, c’est ce que je fais de mieux, jusqu’à présent. J’ai toujours travaillé en relation avec l’écriture : journalisme, documentaires, fictions…
 
 
2. Quels ont été vos premiËres sources d'inspiration?
 
Ah l’influence ! C’est une chose compliquée, non ? J’ai l’impression que ça a commencé au berceau et que je baigne dans un bouillon d’influences perpétuellement enrichi et mixé. Quant aux sources d’inspiration, elles jaillissent tous les jours. Il peut s’agir du  livreur de pizza, comme du chien de la voisine. Autant demander à une éponge si elle aime l’eau.
 
 
3. Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?
Ecrire est, encore une fois, une façon de gagner ma vie, pas une passion au sens strict. Je ne me sens pas « artiste », encore moins « écrivain » et à la limite c’est un concept qui m’est étranger. Je suis une « auteure », c’est à dire une « artisane », qui met son expérience et ses compétences au service d’une histoire et d’un public, qui gagne sa vie et nourrit ses enfants. Parfois, je m’ennuie, parfois je m’éclate, comme la plupart des êtres humains au travail. Bon j’espère que vous n’êtes pas déçue
 Ma vraie passion c’est la littérature. Et la musique. Et je n’ai pas d’idée précise de ce que peut être une vie de femme. Autant de femmes que de vies, me semble-t-il 
 
4. Selon vous, quelle est l'image de la femme en ce 21ème siècle?
Autant de femmes, etc…
 
5. Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez?
Sauf si cela ne les intéresse pas, ce qui peut être le cas et ce dont je peux aussi leur être reconnaissnte…
 
 6. Comment définiriez-vous votre style et s'est-il transformé au fil du temps?
Précis, bref, concis, voire constipé. Stimulée par la contrainte. En fait, je suis un caméléon : si vous voulez un roman d’amour poignant ou un discours politique cinglant, et si vous payez bien , je devrais pouvoir y arriver.
 
8. Quels sont actuellement vos sources d'inspiration?
La chanson que j’écoute « A change is gonna come » de Sam Cooke mais chantée par Aaron Neville, la plus belle voix d’ange que je connaisse.
 
 
9. Quelles difficultés rencontrez-vous dans l'élaboration de vos ouvrages?
La page blanche (enfin l’écran gris). Toujours beaucoup d’angoisse à commencer un livre. Quelque chose comme la peur de faire des traces indélébiles dans une étendue de neige vierge.
Je suis :
perfectionniste
laborieuse,
besogneuse,
lente, très lente.
 
 
10. Quelle lectrice Ítes-vous?
Passionnée, exigeante et partageuse, du genre à interpeler des gens que je ne connais pas et que je vois en train de lire un ouvrage ou un auteur que j’aime, du genre à militer pour le remboursement intégral des livres par la sécu.
 
11. Quels sont vos projets littéraires?
Une légende inventée qui se passe il y a très longtemps (ou dans très très longtemps) et un roman de science fiction sur le reggae (avec Bob Marley en guest star)
 
12. Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages , et à qui confiriez-vous la réalisation?
Aucune idée. retiens pas les noms
 
13. Quel est votre livre de chevet?
Waou ! un livre à emporter sur une île déserte ? dur-dur de choisir. Cinq leçons américaines de Italo Calvino, parce que bizarrement c’est un livre qui me touche tellement que je n’ai jamais réussi à le terminer. Je lis deux pages et je les rumine pendant deux ans.  
 
14. Dans l'histoire de l'humanité, quels sont les personnages que vous ont marqués?
Mon papa et ma maman, je suppose.
 
15. Quels artistes vous touchent le plus?
Les racailles, du style François Villon, Caravage ou Tupac
 
16. Quel est votre plat catalan préféré?
L'escalivade
 
17. Quel est votre restaurant préféré?
La merveilleuse terrasse, les merveilleuses tapas de Sylvie à Eus. 
23 août 2013

Interview de La Luciole Masquée

 La Luciole Masquée - auteur jeunesse

Biographie (extraite de son site internet) : 

Née en 1975, un jour après le printemps pour ne pas lui voler la vedette, La Luciole Masquée est auteure et illustratrice pour la jeunesse. Initialement formée à l’école des Beaux-Arts de Perpignan, sa passion pour la littérature jeunesse l’a fait bifurquer en 2004 vers la librairie où elle est devenue librairie spécialisée en littérature jeunesse.
Néanmoins, en avril 2009, elle retournera vers son premier amour : l'écriture, en inaugurant la collection Le théâtre des Monstres ou Contes mélangés, en donnant corps aux deux premiers ouvrages des éditions de Karibencyla avec l'illustrateur Joël Cimarrón. Depuis, elle a écrit quatre albums sur les six publiés par cette maison d'édition.
Elle anime régulièrement des ateliers dans les classes de primaire, au cours desquels, elle immerge les enfants dans sa petite cuisine des contes. Une expérience de création que les tout petits apprécient tout particulièrement

Interview :

1. À quel âge avez-vous ressenti le besoin d'écrire ?

J'ai ressenti assez tôt le besoin de raconter des histoires. Au début, c'était par le dessin, ensuite, j'ai fait des études d'art et lettres, et c'est aux Beaux-arts de Perpignan, donc à l'âge de 19 ans, que j'ai eu la chance de suivre un cours de création littéraire qui a déclenché chez moi une véritable addiction aux mots et à l'infinie liberté que confère l'écriture.

2. Quelles ont été vos premières sources d'inspiration ?

Mes premiers textes étaient résolument tournés vers le fantastique teinté de poésie. Puis, pour maîtriser le récit, j'ai commencé à écrire des contes. Cette forme m'a énormément appris sur la construction d'un récit efficace, car il est dépouillé d'effets de styles et entièrement tourné vers l'action. Aussi, je lis énormément de contes et légendes pour m’imprégner de leurs structures.

3. Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme ?

Assez difficilement pour le moment, car ma fille est toute petite et je désire m'en occuper sérieusement. Du coup, je suis devenue noctambule et mon nom d'auteur me va à merveille. Quand la puce dort, je travaille. Pour ce qui est de mon mari, nous avons la chance de partager la même passion et nous comprenons aisément que l'autre passe du temps sur son travail. Ainsi, nous tentons tous les deux de maintenir un équilibre entre le réel, notre vie de famille et le rêve, notre vie professionnelle.

4. Selon vous, quelle est l'image de la femme en ce 21° siècle ?

Je suis assez déçue que le combat des femmes des années 60 soit un lointain souvenir. Je rêve pour ma fille que l'égalité entre les hommes et les femmes soit une réalité et non de la science-fiction. Aussi, dans mes contes, j'ai à cœur de redonner à nos héroïnes d'enfance : Blanche-Neige, la Belle ou Cendrillon, un véritable rôle, un tempérament et de l'intelligence. Elles sont telles que je vois la femme : fragile, forte, amoureuse et courageuse.

5. Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?

Oui, mais seulement quand j'estime que le texte est pratiquement abouti. Je suis très pudique sur les textes en gestation, je les protège comme s'ils étaient des nouveau-nés.

6. Comment définiriez-vous votre style et s'est-il transformé au fil du temps ?

Il est très difficile pour un auteur de se définir, mais je dirai que mon écriture est tournée vers l'action, au service des personnages et très dialoguée.
J'adore,entendre mes personnages parler et les voir agir. Ainsi, si au début de mon aventure littéraire, j'ai travaillé le mot comme un poète, pour le faire ressentir la féérie d'une émotion, aujourd'hui je conte des histoires où je m'amuse à surprendre le lecteur à chaque page.

 

7. Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires (roman,
essais, etc.) ?

Ma première rencontre avec la littérature jeunesse, je l'ai éprouvée en exerçant mon métier de libraire. Avant, je lisais des romans, surtout américains,
et depuis que je suis devenue libraire, puis libraire spécialisé en littérature jeunesse, je peux l'avouer sans rougir, je ne lis plus que des livres pour enfants. Cela va de l'album aux romans ados. J'adore cet univers, je crois qu'il me préserve du cynisme et de l'égocentrisme de la littérature « adulte ». Ensuite, ma rencontre avec l'illustrateur Joël Cimarrón a vraiment été pour moi déterminante. Il vient de Martinique et m'a fait connaître le folklore créole et ses contes. Il est d'ailleurs luimême un excellent conteur. À son contact, j'ai écrit « Barbe Bleue et Compè Lapin » et de cet album est né toute la collection des « contes mélangés »


8. Quels sont actuellement vos sources d'inspiration ?

Mes principales sources d'inspiration sont les contes du monde. J'aime partir à la découverte d'autres cultures par leurs croyances et leurs légendes. Ensuite, je citerai un grand monsieur qui représente pour moi une des déités de mon panthéon personnel : Hayao Miyazaki, ce réalisateur de film d'animation notamment « Mon voisin Totoro » ou « Nausicaa » parle à l'enfant créateur qui se cache en moi et je le remercie tous les jours de nous offrir un univers aussi riche et puissant. Pour finir, les enfants que je rencontre régulièrement au cours d'animation scolaire. Ils donnent la fraîcheur et l'insolence de leur imaginaire en cadeau ! 

9. Quelles difficultés rencontrez-vous dans l'élaboration de vos ouvrages ?

Mes albums étant basés sur la rencontre entre des personnages qui proviennent de cultures différentes. Ma principale difficulté est de leur trouver des ponts communs, tout en respectant au mieux les archétypes et les spécificités des cultures « invitées ». Mon plus grand défi fut d'écrire un conte de fées en invitant le dieu hindou Ganesh. Je voulais rendre hommage à ce dieu sans le détourner et je crois avoir réussi, car ce livre est aujourd'hui à sa troisième réimpression.


10.Quelle lectrice êtes-vous ?

Je suis une lectrice assidue, hétéroclite et fidèle : Je suis avec passion les nouvelles sorties de Jean-Claude Mourlevat, Malorry Blackman, Amélie Nothomb, Paul Auster, John Irving, Yōko Ogawa et Neil Gaiman.


11. Quels sont vos projets littéraires ?

Les projets qui vont paraître à partir de 2013 sont un 5e album jeunesse, ainsi qu une série de roman de fantasy urbaine aux éditions de KARIBenCYLA, puis un conte traditionnel japonais pour les éditions Nobi Nobi !

12.Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages, à qui confiriez-vous la réalisation ?

Cette question est intéressante et amusante. Pour la Belle, je verrai bien Nicole Kidman, pour jouer Blanche-Neige, elle n'est pas actrice, mais qui sait, Nolwen Leroy, pour Cendrillon Emma Watson, Barbe Bleue serait bien joué par Jeff bridges … Enfin, on rêve un peu quand même. Et pour la réalisation : sans conteste Tim Burton car il sait jongler entre rêve, réalité et horreur.

13.Quel est votre livre de chevet ?

« Femmes qui courent avec les loups » Clarissa Pinkola Estés.

14.Dans l'histoire de l'humanité, quels sont les personnages que vous ont
marqués ?

Rosa Parks. Le courage d'une femme face à la bêtise humaine.

15.Quels artistes vous touchent le plus ?

Mozart, Léonard de Vinci, Annette Messager, Rodin et bien entendu Hayao Miyazaki et Michael Jackson. Hétéroclite, n'est-ce pas ? Mais ce sont tous des artistes qui ont élevé le niveau de l'homme.


16.Quel est votre plat catalan préféré ?

L'escalivade et la zarzuela.


17.Quel est votre restaurant préféré ?

En cuisine traditionnelle : Can Marty à Thuir et en cuisine japonaise Naniwa au centre-ville de Perpignan

son site internet : http://www.laluciolemasquee.com/

23 août 2013

Présentation de Catherine Rabier

 

Catherine Rabier vit sur la Côte Vermeille. Après avoir écrit des nouvelles fantastiques pour des anthologies, elle a publié un roman fantastique, Collioure Trap, au Fleuve Noir en 1989 (réécrit et réédité en 2000 aux éditions de l'Agly). Au tournant du siècle, elle se consacre à l'écriture de nouvelles de littérature générale et de charme publiées en revues et en recueils (Presses Pocket, éditions Blanche, CCAS, Mare Nostrum éditions et BDPO).

  Agrégée de lettres classiques, elle soutient en 2006 une thèse de doctorat sur l'écrivain Jean Forton. Elle devient naturellement une spécialiste de cet écrivain bordelais de l'écurie Gallimard et lui consacre un site internet évolutif. Elle aborde également la traduction littéraire avec l'œuvre de l'écrivain anglais Brian Stableford, dont elle traduit La Muse égarée (Black Coat Press, collection « Rivière Blanche »).

   Actuellement, elle termine un roman et supervise la mise en édition numérique de ses nouvelles.

 

 

Romans :

- L’Appel de Collioure, éditions de l’Agly, 2000

- Collioure Trap, Fleuve Noir, 1989

  Nouvelles :

 

- « L’Amant d’Orient », Rêves de femmes, éditions Blanche, 2009, réédit. Pocket 2011.

- « La Femme sauvage », J. de femmes, éditions Blanche, 2008, réédit. Pocket, 2009.

- « Le Bibliophile », Noir Roussillon, éditions Mare Nostrum, avril 2007.

- « La Plage », CCASINFOS, n° 248/98, juillet-août 2004.

-« La Mort en rose », Contes et Récits Fantastiques, BDP 66, 2001.

- « C’est pas Las Vegas ! », (collab. avec F. Darnaudet), Lire en fête, BDP 66, 2000.

- « Le Cinq d’épées », Nouvelles Noires, Corps 9 éditions, 1989.

- « La Plante carnivore », Chats, femmes et autres machines cruelles, Corps 9 éditions, 1986.

 

Recueils numériques :

- Femmes fantasmes, Kindle/Amazon, 2012.

- Femmes sauvages, Kindle/Amazon, 2012.

- Des hommes, un port, Kindle/Amazon, 2012.

 

Poésie : « Ce qu’est ma vie... », Lire en poésie, BDP 66, 2002.

Traductions:

 

   - La Muse égarée de Brian M. Stableford, coll. « Rivière Blanche », Black Coat Press, 2011.

 

- « La perception, l'interprétation et les signes artistiques », traduction (revue par Joëlle Réthoré) de l’article en américain de Robert E. Innis, Sémiotique peircienne : état des lieux, actes du colloque international Canet-plage, 27-30/06/2001, Presses Universitaires de Perpignan, 2002, pp. 155-170.

 

Sur Jean Forton :

-  Postface de La Cendre aux yeux de Jean Forton, Le Dilettante, 2009.

- « Deux inédits de Jean Forton : pièces archéologiques ou chefs-d’œuvre ignorés ? »,Roman 20-50, n° 48, déc. 2009.

- « Les mécanismes de la revie littéraire. Jean Forton, revie ou survie ? », Roman 20-50, n° 44, déc. 2007.

- « L’Épingle du jeu de Jean Forton », disponible sur : http://www.bibliosurf.com, février 2007.

- Article « Jean Forton », disponible sur : http://fr.wikipedia.org, mai 2007.

- « À propos de la réception de l’œuvre de Jean Forton », Sémiotique peircienne : état des lieux, actes du colloque international Canet-plage, 27-30/06/2001, Presses Universitaires de Perpignan, 2002, pp. 141-154.

 

 

Site sur Forton : http://jeanforton-catherinerabier.jimdo.com/

 

 

Extrait de La Plage (nouvelle) :

 

Nous recevions des embruns. Victor cherchait des pièces dans la frange d’ordures apportée par les vagues sur le haut de la dune.

Autrefois, nous venions ici pour échapper au huis-clos de notre petit appartement dans notre petit village. La longue promenade rectiligne qui borde la mer sur quatre kilomètres nous faisait du bien à Victor et à moi, et même au sortir d’une dispute, nos mains ne pouvaient s’empêcher de se rejoindre au bout de quelques mètres. L’air et l’espace nous remplissaient, chassant notre rancœur.

Quand Ivan était bébé, nous avons poussé son landau, puis sa poussette sur ce même pavement bosselé. Son tricycle ensuite a buté dans les ornières, puis son premier vélo et son second...

Et toujours le couple finissait par se promener main dans la main. Une bouffée d’oxygène, ces pins, ces lauriers, ces gazons et ces palmiers, en enfilade. Le rejeton pouvait même être rejeté, sans culpabilité, hors de notre complicité.

Tout à l’heure, nous sommes juste sortis pour voir les vagues, épuisés, désorientés par des jours de lutte avec Ivan.

Puis je suis revenue seule sur le sable, pour écouter la mer : son mouvement se répercute en moi et j’ai l’impression qu’en bousculant mon atonie, elle va faire émerger quelque vérité sur moi, sur nous. Quelle chance de pouvoir à volonté venir s’asseoir ici ! Oui, j’ai de la chance, vraiment de la chance. Pourquoi est-ce que je ne m’en rends plus compte au bout d’un moment ?

Au repas, Victor a parlé d’une fille « agressive » qui lui avait fait la conversation d’une manière forcée. Il a, dit-il, à chaque fois laissé retomber la discussion. Ils étaient devant la porte d’un secrétariat de la fac d’économie : ils attendaient l’heure d’ouverture.

La secrétaire s’est d’abord occupée de la fille, puis quand elle en a eu fini, s’est adressée à Victor. La fille restait toujours. Il paraît même qu’elle s’est ingéniée à trouver une question « subsidiaire » – comme elle a dit. Victor se souvenait de tous les détails. Ce que moi, j’ai retenu, c’est le côté offensif de la fille et le commentaire final de Victor : « Je me suis tiré : elle ne me plaisait pas... »

Là, sur la plage, j’essaie d’imaginer... Si elle lui avait plu ? C’est tout de même incroyable, ces filles culottées ! Je me demande comment elles se sentent, de se retrouver plantées là, après avoir fait toutes ces avances. C’est humiliant !

Je n’aurais pas pu. Sans doute que je n’ai jamais compris les hommes.

De toute façon, à quoi bon se poser toutes ces questions sur les stratégies amoureuses ? Ma mère m’avait prévenue. Avec le temps, les hommes nous regardent de moins en moins. Encore que... Dans la rue, c’est sûr, mais les autres regards, ceux qui nous restent, sont plus profonds qu’avant. Sans doute des histoires sérieuses auraient pu s’amorcer, des histoires de la maturité. Mais comment échapper à la prison mentale et matérielle dans laquelle je suis enfermée depuis la naissance d’Ivan ? D’autres savent. Moi, non.

Enfermée au point de ne même plus sentir la poésie violente du spectacle que j’ai devant moi. Enfermée dans des réflexions qui tournent en rond sur des êtres qui m’obsèdent même quand ils ne sont pas à mes côtés. 

24 août 2013

Ma nouvelle "résurrection" publiée sur le blog de Michèle Bayar

Bonjour :) 

Je vous invite à lire ma nouvelle "Résurrection" publiée en exclusivité sur le blog de Michèle Bayar : 

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/54/05/61/Resurrection.pdf

Bonne lecture. 

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