Tsilla's Univers

07 avril 2018

Interview de Gil Graff

Interview de Gil Graff tsilla s univers (07)

Biographie :  

Gil Graff est née en 1962 dans un village aux alentours du Mans. Elle vit dorénavant à Saint-Cyprien (66). Derrière ce pseudonyme androgyne se cache une romancière, valeur montante du polar catalan.
Si elle n'a pas vécu mai 68, elle en a en revanche retenu l'ambiance, entre le désordre généralisé et quelques revendications utopistes. Elle a été baba cool puis punk, avant de se ranger et de se mettre à écrire. Lucide, elle écrit des livres souvent irrévérencieux, entre polar et science-fiction, s'attachant à développer la psychologie de personnages ordinaires.
Sa connaissance des milieux spécifiques vient de son parcours professionnel : depuis 16 ans animatrice et coordinatrice jeunesse dans une petite ville, Gil Graff travaille en relation avec la mission locale jeune et accompagne dans leurs démarches les jeunes les plus en difficultés d'insertion qui sont sous contrats CIVIS.
Issue d'une famille socialement mixte : son père vient d'une famille bourgeoise ancrée dans la Sarthe alors que sa mère des gens du voyage, cela lui permet d'être à l'aise et sans préjugés avec différentes catégories sociales.

Bibliographie Non Exhaustive :
La stratégie du cochon, éd. Cylibris, 2002 (policier).

Concerto pour l'abattoir, éd. Cylibris, 2004 (SF).
L'air du temps, éd. Cylibris, 2004 (roman).
Chronodrome, éd. Cap Béar, 2005 (SF).
Vous aurez de mes nouvelles dans les journaux..., éd. Cap Béar, 2007 (nouvelles policières).
Catalan psycho, éd. Mare Nostrum, 2008 (nouvelles policières).
Céret noir, éd. Mare Nostrum, 2011 (policier).

Interview :

 

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A quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ?
J’ai su lire et écrire très tôt, dès la deuxième année de maternelle, j’avais donc quatre ans et j’étais très impatiente qu’on me donne le porte -plume et l’encre réservés à ceux qui étaient dans leur dernière année.  Ecrire était donc un réel besoin pour me distinguer des autres afin que ma maman m’aime enfin !

Quelles ont été vos premières sources d’inspiration ?

J’avais donc quatre ans lorsque j’ai déchiffré seule mon premier livre c’était : « Oui Oui en voyage » , j’avais donc des personnages : Oui oui et son ami Potiron… J’ai vite réalisé que, dans ma tête, je pouvais leur faire vivre un tas d’histoires puis j’ai soupçonné que je pouvais inventer mes propres personnages. Du coup, lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire lorsque je serai grande, je disais : je veux être Enid Blyton !

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Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?
Je ne vois pas en quoi écrire influerait sur ma vie de femme, il y en a qui vont perdre 3 heures dans une salle de sport, d’autres méditent en faisant du point de croix, certaines tricotent d’autres encore s’adonnent aux sports de combat, ben moi j’écris… Lorsque je me livre à une activité manuelle : maçonnerie, agriculture et même  – berk ! – le ménage, j’ai la tête qui se met à broder des histoires alors, s’il me reste du temps après mon travail (je suis coordinatrice jeunesse dans une municipalité) je me mets à écrire…

 

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21? siècle ?

Je trouve que malheureusement la condition féminine régresse. Ma fille de 19 ans hésite à mettre une minijupe pour sortir en ville, de crainte d’être importunée par certains garçons, à mon époque, mes copines et moi, nous n’aurions jamais accepté que des gamins de notre âge nous dictent notre conduite vestimentaire. Je leur aurais donné un bon coup de Santiag dans les parties… J’entends que la mode du corset revient à la mode…. J’avais 20 ans en 1982, donc les bras m’en tombent. Ailleurs, les femmes sont voilées, d’autres sont lapidées… Il faut être une politicienne pour croire que le seul combat qui reste à mener est la parité dans les élections et que la revendication du salaire égal est en bonne voie. Donc, sur la planète Terre, pour les filles, ils reste du boulot, à moins qu’elles y trouvent leur compte…

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Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?
Non, une fois que le livre est édité ou le manuscrit à mon avis terminé, je donne à lire seulement si on me le demande. Il m’est arrivé parfois de lire quelques extraits au père de mes enfants lorsque j’étais incertaine d’être cohérente dans le récit mais je me fâchais s’il émettait des réserves. Je préfère partager mon plaisir d’écrire au travers d’ateliers d’écriture. Depuis 2009, j’interviens deux mois par an à la Maison d’arrêt des femmes de Perpignan. Je suis très heureuse lorsque celles qui se tiennent éloignées de la lecture et qui pensent qu’écrire dans le sens  « oeuvre d’imagination »   est réservé à une élite, arrivent à sortir des petits textes bien à elles (ces textes sont consultables sur le site de la LR2L ).

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ?
C’est difficile de se définir soi-même. J’utilise le langage courant en évitant les fioritures et les figures de style ampoulées, je ne me regarde pas écrire, ce qui compte c’est l’histoire que je suis en train de raconter, je cherche avant tout le bon mot : celui qui va au mieux traduire ma pensée, pas à «  étaler »  de la culture, et pourtant, on me félicite souvent sur la richesse de mon vocabulaire. J’ai écris plus d’une dizaine d’histoires, sept ont été publiées, j’ai volontairement enterré certains textes.  Je pense avoir gardé mon «  ton » au fil du temps, peut-être parce que je n’ai jamais cherché à écrire à la manière de…
On peut dire, peut-être, que l’humour noir me caractérise. J’ai horreur du pathos et je préfère rire des atrocités plutôt que d’en pleurer.

Interview de Gil Graff tsilla s univers (04)Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires (roman, essais etc.) ?
La plupart du temps ils se sont imposés. J’avais des trucs à dire :
-) sous couvert de raconter une histoire j’ai «  « dit ». Mes histoires avaient un thème en filigrane. La toute première histoire qui aurait pu être publiée parlait de l’enfance. J’ai relégué ensuite le texte aux oubliettes. J’ai aussi répondu à deux commandes : Catalan Psycho et Céret Noir, j’ai aimé les écrire tout autant que les autres.

Quelles sont actuellement vos sources d’inspiration  ?
La source de l’inspiration c’est à mon avis l’imagination, je laisse aux spécialistes du cerveau le soin d’en expliquer les mécanismes. Si j’ai rien à raconter, je me tais.

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Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos ouvrages ?
Le nombre de pages ! La fabrication d’un livre coûte cher et les éditeurs grincent des dents lorsqu’on leur soumet un pavé. Sinon, en dehors de cette contrainte matérielle, il me manque souvent le temps.

Quelle lectrice êtes-vous ?

J’ai beaucoup lu, je lis un peu moins, cependant j’ai toujours un livre en cours de lecture, mais je suis devenue difficile et intraitable : si un livre me tombe des mains, je laisse tomber, donc j’achète peu et j’emprunte beaucoup. Je lis peu d’auteurs français en dehors des classiques.

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Quels sont vos projets littéraires ?
Une sombre histoire avec des «  vilaines  » filles.

Quels sont les acteurs que vous choisiriez pour interpréter vos personnages à qui confiriez-vous la réalisation ?
Je n’en suis pas là, pour moi le cinéma est un cercle très fermé. Pourtant je sais que certains de mes livres «  tournent  » actuellement de mains en mains parmi des réalisateurs.

Quel est votre livre de chevet ?

Le dictionnaire.

Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnages que vous ont marquée ?

Lilith la première femme d’Adam, qui a refusé d’être inférieure à l’homme. C’est à peine une dérobade… Sinon j’ai été impressionnée par l’histoire de Phoolan DEVI.

Quels artistes vous touchent le plus ?
Les musiciens peut-être…

Quel est votre plat catalan préféré ?
L’escalivade.

Quel est votre restaurant préféré ?
Salim ! Nul n’égale mon chéri en matière de cuisine !

 

son blog : http://gilgraff.canalblog.com/

 

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30 mars 2018

Interview de Thierry Herrbach-Vidal

Interview de Thierry Herrbach-Vidal tsilla s univers (02)

Thierry Herrbach-Vidal a fait ses études à Paris I Panthéon Sorbonne. Il est actuellement journaliste et vit à Montpellier. Photographe amateur depuis l'âge de 30 ans, ses compositions sont principalement intéressantes pour leur originalité et le regard qu'elles offrent sur l'actualité. Un artiste à découvrir. 

A quel âge avez-vous commencé votre activité?

De façon régulière, pour la photo de modèles, vers 30 ans. Auparavant, je faisais beaucoup de reportages.

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Comment concilier passion et vie privée?

Faut-il –et peut-on ?- considérer qu’une passion est extérieure à sa vie privée ? Je pense qu’une vraie passion est au cœur de la vie. Je me suis habitué à être un peu un « personnage public » avec mon travail d’attaché de presse, en vivant le quotidien des personnes publiques (politiciens, artistes, journalistes). C’est très difficile d’évaluer le moment où l’on est dans la sphère privée avec ces gens-là ! La photo de modèles est justement une activité intégrée à mon domaine privé, par opposition avec les photos que j’avais à faire pour des évènements publics.

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Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ? Quelle célèbre photo auriez-vous aimé prendre?

En faisant de la photo de modèles, j’ai appris beaucoup sur les motivations des gens, à les écouter et les respecter. Venir poser n’est pas une démarche anodine. Il y a une recherche –une demande- de construction d’une image de soi. C’est ce que le modèle attend. Photo que j'aurais aimé faire : un portrait de BREL. Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos oeuvres? La principale difficulté est de photographier quelqu’un et qu’il ressemble sur un instantané à ce qu’il « est » vraiment : timide ou extraverti, hyperactif ou calme, inquiet ou posé, etc. Je joue sur l’attitude corporelle, sur la position du regard, sur les expressions du visage ET sur la nature des éclairages. Chacun de ces éléments est porteur d’une symbolique liée.

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Quels sont vos projets ?

Si j’excepte les projets de voyages à l’étranger, qui sont une évasion et la découverte du monde dans lequel je vis (je ne suis pas un vrai « touriste »), mon projet est de continuer à rencontrer des gens, à leur être utile, et bien sûr à continuer mon activité photo. Sortir une exposition photo.

Quel est votre livre de chevet ?

Je viens de lire la plupart des livres de YASMINA KHADRA. Des romans indispensables pour comprendre l’imposture islamiste. Je lis beaucoup, tous les soirs. Je suis sur la « Route du Papier » d’Eric ORSENNA. Et je recommande les romans policiers du grand maître du genre : Michael CONNELLY. Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnages que vous ont le plus marqué(e)? Pour l’histoire, j’exclus tout de suite les personnages « marqués religion », ça en fait tomber beaucoup. Alexandre le Grand, Michel-Ange, Amerigo Vespucci et Christophe Colomb, Voltaire, Lincoln, Adenauer, Mandela, Gambetta, Jaurès, Blum, Mendes-France pour les Français. Quels artistes vous touchent le plus? Peinture : globalement les impressionnistes, et puis Dali, Picasso, Chagall Cinéma : Bo Widerberg, Visconti, Pietro Germi, James Bidgood, Franco Zeffirelli, Coppola, Jacques Feyder, John Schlesinger, Altman, Truffaut, Woody Allen, Claude Miller, Denys Arcand, Pierre Jolivet, Chaplin, Fellini, Hitchcock, Antonioni, Roman Polanski, Pedro Almodovar, Jacques Tati, Vittorio De Sica, John Osborne. Il n’y a pas qu’eux ! J’aime presque tous les genres de musiques –sauf le rap, définitivement. Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21° siècle ? L’image : active, compréhensive, efficace. Pacifiste. Les femmes sont les victime des religions qui sont la cause d’une grande partie des guerres et de presque tous les blocages sociaux. Une image très positive.

Quel est votre plat préféré ? 

Un steak bleu.

Quel est votre restaurant préféré ?

Maison Troisgros, Place de la Gare, 42300 Roanne, France. Inoubliable. Je l’ai découverte à l’époque où les deux frères venaient en salle en fin de service. Je me suis autorisé à aller ponctuellement, une fois, dans des restaurants exceptionnels. C’est évidemment hors de mes moyens.

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