Tsilla's Univers

26 janvier 2017

Critique de Trois gouttes de sang grenat d'Hélène Legrais

Critique Trois gouttes de sang grenat Tsilla's univers tsilla66

Présentation du Livre

Résumé : Auguste Laborde hérite de la boutique de joaillerie de son père mort prématurément. Marié contre son gré par sa mère à une femme qui l’indiffère, il se réfugie dans son unique passion, l’orfèvrerie, et en particulier le travail du grenat, spécialité de la ville de Perpignan. Sa vie prend un tour inattendu quand il découvre qu’une porte séparant son atelier de l’immeuble voisin donne sur les salons d’une maison close. Par une fente entre les lattes de bois, il dispose d’un point de vue imprenable sur l’activité de l’établissement… Jusqu’au jour où il assiste, impuissant, au meurtre d’une pensionnaire. L’enquête de la police restant au point mort, Auguste décide de partir lui-même à la recherche de l’assassin. Il n’a pu voir son visage, seulement ses mains et ses poignets. D’indice en indice, ses investigations l’entraînent dans les cercles les plus huppés de la capitale roussillonnaise…

Editions : Calmann-Levy

Parution : octobre 2016

Critique :

Le probleme de cette chronique, c'est que je ne peux rien vous devoiler. Voilà la raison pour laquelle jai tardé à l'écrire. Comment vous convaincre de lire ce petit bijou en vous disant l'essentiel sans trop en dire ? Je vais tenter cet exercice perilleux.

Dores et déjà je vous lannonce : Fifty Shade of Grey -référence actuelle du livre de fesses auquel est souvent comparé celui d'Hélène Legrais- peut aller se rhabiller ! Trois gouttes de sang grenat est un thriller psychologique déroutant où se mêlent sensualité, érotisme et meurtres. L'aspect voyeuriste des scènes érotiques est très intéressant, non seulement pour l'intrigue, mais aussi pour enrichir les descriptions. En effet, la différence entre le porno pur et dur -si vous me permettez cette boutade- et l'érotisme se trouve dans la capacité d'un auteur à suggérer plus qu'à montrer.  La suggestion est un Art dans lequel Hélène Legrais s'illustre particulièrement : la psychologie étayée des personnages principaux n'en ressort que mieux. Le tout est bercé par une écriture tout en nuances. L'on pourrait par exemple s'attendre à ce que notre héros, Auguste Laborde, orfèvre introverti, s'adonne avec passion à contempler les filles de joie. Il n'en n'est rien, au début du moins, car le jeune homme ayant été confronté à un traumatisme sévère, se montre nullement intéressé. Hélène Legrais évoque beaucoup de délicatesse un sujet tabou qui concerne les hommes et leur virilité. Elle nous rappelle que les Hommes, comme les Femmes, qui ne sont pas conformes aux attentes de la Société, sont confrontés au regard glaçant et pesant de ces personnes qui savent mieux que vous-mêmes ce que vous devez être et qui vous devez être. Elle dénonce avec brio les abus dont les Hommes et les Femmes de cette époque étaient victimes, et qui, malheureusement, persistent toujours aujourd'hui. Mieux, Hélène Legrais a osé aborder les rapports ambigus que pouvaient entretenir certains praticants d'une religion à leur propre sexualité, en ces temps reculés où internet n'existait pas encore.

En plus d'aborder des questions sociétales fondamentales, elle a construit ses personnages avec une grande précision. J'ai été particulièrement touchée par le personnage de Valentine. Selon moi, c'est le meilleur de ce roman. J'aurais d'ailleurs bien aimé savoir ce qu'il adviendrait d'elle.

Toutefois, je n'ai cette fois-ci que peu apprécié la fin. J'avais en effet déjà compris qui était le tueur, alors que je n'étais pas parvenu à la moitié du récit. J'ai par ailleurs adoré son mode opératoire très astucieux. Malgré le fait que l'effet de surpise n'ait pas pu prendre sur ce point, les dernières lignes m'ont étonnée.

Au cours de chapitre final, un des personnages critique ouvertement la laïcité, en tant que chrétien. Selon lui, la laïcité tue sa religion. Je n'ai pas vraiment apprécié cette tirade sur la laïcité, car je n'accroche plus à ce genre de discours. Pour tout vous dire, mon métier (je suis enseignante) exige de moi que je sois un exemple de ce concept qui se fait régulièrement violer par les différentes interprétations politiques et légales qui en sont faites. Je tiens à souligner que c'est mon rapport intime et personnel avec la laïcité qui est en cause, et non l'écriture de l'auteur. Du coup, je n'aime pas être confrontée malgré moi à ce genre de polémique. D'ailleurs l'auteur elle-même n'adhère pas aux propos de son personnage : au contraire. Ce discours marque l'apothéose de son embrigadement idéologique.

Ceci dit, j'ai bien apprécié que celui-ci soit prononcé par le personnage le plus paradoxal de cette histoire, lequel affirme haut et fort que la laïcité tue sa religion, alors qu'il est lui-même incapable de la pratiquer selon ses principes fondamentaux. J'y vois surtout une critique de ces personnes hypocrites, ces croyants qui emploient leur religion pour justifier tout un tas d'interdictions ou d'obligations qui les arrangent sans prendre la peine de mettre en applications celles qui ne les arrangent guère. Ces personnes voulant à tout prix sauvagarder l'ordre moral établi, afin de ne pas bouleverser leurs habitudes. Le genre d'hypocrites que, finalement, vous croiserez n'importe où : médecins, fonctionnaires, politques, boulanger, etc. Ceux qui veulent que rien ne change, car leur immobilisme est plus confortable que l'éthique. Le livre se conclut de façon inattendu, après ces échanges forts et virulents. A travers ce final, l'auteur critique ouvertement les agissements de ces moralisateurs-trices qui sont prêt-e-s à tout pour réduire la vérité au silence. Un plaidoyer criant de vérité sur le fond, bien que sa forme ne m'ait pas émue davantage pour les raisons très personnelles que je vous ai citées ci-dessus.

En résumé, c'est un excellent livre que je vous conseille.

 

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03 janvier 2017

Interview de Bénédicte Carboneill pour brevesdefemmes.info

Interview de Bénédicte Carboneil Tsilla's univers

Maman de trois garçons, sénariste des éditions Dupuis et Jungl et auteure free-lance, ,Bénédicte a publié des albums et des comptines mais également, des cahiers pédagogiques aux éditions du Pas de l’Échelle, Éveil et Découvertes, Caramel, Bordas, Fleurus, Hemma, Auzou, La Classe Maternelle, Les petites vagues, Rouzig, Lire c’est partir, Scarabéa et Chouetteditions.com. Cette "vache sans tâche" est reconnue pour son travail dans le monde de l'enfance, et pour cause : Bénédicte Carboneill est devenue maîtresse puis directrice de maternelle en grandissant...Une belle aventure haut en couleur, mais sans tâche, que nous dévoile cette passionnée.

Le premier album de Bénédict Carboneill

Interview :

A quel âge avez-vous ressenti le besoin d’écrire ? 
36 ans… en fait, je suis née en 1973, par hasard à Tours, mais j’ai vécu à Lyon, à Paris avant de m’installer avec ma famille à Perpignan. Je suis donc catalane d’adoption. J’ai 3 garçons et ai été pendant 17 ans enseignante en maternelle et directrice. Je ne pensais jamais qu’un jour je deviendrai auteur jeunesse mais le hasard fait parfois bien les choses ! De belles rencontres, un peu de chance et une comptine pour ma classe à trouver sur les vaches… « La Vache sans Tache » était née. Je suis aussi devenue « La vache sans tache ». Ma première aventure éditoriale ( en auto-édition avec une petite structure Les éditions du Pas de l’échelle), puis un jour j’ai envoyé un manuscrit « Rose bouton », né d’une rencontre virtuelle avec Elen Lescoat. Nous l’avons envoyé et un quart d’heure après nous avions un « oui » : « Je t’aime », mon premier livre d’auteur (à compte d’éditeur) est arrivé en sept 2009. Depuis je continue à écrire pour les bébés ( collection chez Fleurus), des albums pour les 3 -6 ans, des romans illustrés pour les 9 -12.

Quels ont été vos premières sources d’inspiration ? 
mes petits élèves…et mes enfants ! Mais cela peut-être tout et rien, une illustration découverte sur internet, une rencontre avec un illustrateur et donc l’envie de lui écrire une histoire.  Je travaille aussi « à la commande » c’est-à-dire à la demande d’un éditeur.
Dans ces cas-là, je dois respecter un cahier des charges ( thème, nombre de pages, calibrage…)

 Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?

Je suis depuis cette année auteur jeunesse à temps plein donc je travaille à la maison, ce qui me laisse plus de liberté. Auparavant,j’étais enseignante à temps plein, directrice d’école maternelle. Puis durant 3 ans, je me suis mise à mi-temps avant de prendre une grande décision : prendre une disponibilité.

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21° siècle ?
Il n’y a pas une image mais une multitude . . . celle qui me plait le plus est celle de la femme libre.

Partagez-vous avec vos proches ce que vous écrivez ?

Oui Mon mari surtout… mes enfants attendent que les livres paraissent !
Mes amies sont aussi d’un grand soutien.

Interview de Bénédicte Carboneil Tsilla's universComment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ? 

Je ne sais pas si j’ai un style particulier . . . par contre oui mon écriture a évolué.

Quels sont les éléments de vie qui ont induit vos choix littéraires (roman, essais etc.) ? 
Mes envies avant tout et les commandes d’éditeurs ensuite

Quels sont actuellement vos sources d’inspiration ? 
Toutes ces choses et ces petits riens de la vie… l’actualité et mes lectures de polars.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos ouvrages ?
La patience : je suis en train d’écrire des romans policiers pour adolescents et moi qui ai plutôt l’habitude d’écrire pour les petits (donc des textes courts) je dois prendre patience… écrire un roman n’a rien à voir avec la rédaction d’un album. Ensuite vient la patience … pour avoir le retour des éditeurs !

Quelle lectrice êtes-vous ? 
Au final, je n’ai malheureusement pas trop le temps de lire !

Quels sont vos projets littéraires ? 
Finir deux romans policiers pour adolescents, écrire le suite des aventures de Manon (à paraître l’an prochain chez Bibloquet), la suite des aventures de Maëlle la coccinelle ( chez Hemma) puis arriver à écrire tout ce que j’ai encore dans la têt… Bref, du boulot en perspective !

Quel est votre livre de chevet ?
Un bon Agatha Christie

Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnages que vous ont marqués ? 
Tous les grands hommes et femmes qui ont fait avancer le monde

Quels artistes vous touchent le plus ?

Les illustrateurs avec qui je travaille : à chaque fois que je vois les illustrations qu’ils ont réalisées sur mes mots, je suis comme une petite fille devant le sapin de Noël.

Quel est votre plat catalan préféré ?
Les boles Hum… et la paëlla de mon mari !

Quel est votre restaurant préféré ? 
Le japonais.

son blog : http://lavachesanstache.blogspot.fr/

site : http://www.laure-illustrations.com/album-jeunesse/collaborateur/Benedicte-Carboneill.html

Posté par Lil Fantasy à 17:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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